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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 12:53

Dans quelques jours, le Parti tiendra son assemblée extraordinaire des délégués de section. Cela fait quelques temps que je me suis inscrit sur ce site, d’abord pour répondre au questionnaire puis je comptais écrire une intervention. J’ai été un peu déçu par le manque d’ambition qui a fait que ce qui devait être un congrès extraordinaire devienne une modeste assemblée générale. Mais je suis satisfait de voir que la parole se libère et que les débats contradictoires font leur apparition, sur le site, lors de débats organisés à Paris comme en Province, ou dans l’Humanité, que je trouve vraiment à la hauteur de l’événement et des enjeux, qui n’hésite pas à aborder les tabous (voir reportage sur des anciens membres du PCF qui l’ont quitté par exemple). Je suis un jeune adhérent du Parti communiste français. J’ai adhéré à ce parti en octobre 2006 pour plusieurs facteurs : j’étais profondément marxiste et le PC de par son passé était quand même quelque chose d’exceptionnel à mes yeux, la bataille du référendum sur l’Europe où le Parti était le fer de lance de la gauche de gauche, la bataille contre le CPE qui m’a donné envie de m’engager une fois que j’aurai la majorité et donc le droit de vote. J’ai mené avec beaucoup d’énergie les batailles des présidentielles puis des législatives. J’ai soutenu Marie-George Buffet du début jusqu’à la fin, mais avec le recul, j’aurais préféré une candidature unitaire menée par Clémentine Autain. Petit à petit, j’ai commencé à me rendre compte que le parti en tant qu’appareil n’était plus adapté à la société. A force de se réformer en faisant des abandons mais sans rénovation réelle, on est dans une situation où tout est bloqué par le fonctionnement qui était adapté lorsque le Parti était encore structuré comme un outil de masse avec des cellules par exemple. Mais commençons par le projet et par l’identité. Non seulement le PCF est trop « anti » et se contente de critiquer le gouvernement sans rien proposer comme alternative politique, mais en plus il a abandonné toutes les références au marxisme. Certains aujourd’hui sont attachés au nom de Parti « communiste ». Mais c’est surtout de la nostalgie car notre Parti n’a de communiste que le nom. Il a cessé de prôner la lutte des classes, il défend toutes les minorités mais plus une classe toute entière : le prolétariat. Le prolétariat ce n’est pas seulement les ouvriers, c’est aussi les employés, les cadres, bref tous les salariés qui sont sous la domination d’un patron, mais aussi les lycéens, étudiants et retraités, qui bien que ne produisant pas, sont précarisés. Ensuite sur l’organisation en elle-même, j’ai été très sensible au discours de M. Cohen-Seat, lors de sa venue à Nîmes, qui a proposé de créer une nouvelle Internationale des forces communistes et progressistes du monde entier, à l’heure de la globalisation. Mais également, je suis un fervent partisan du Parti de la gauche européenne, qui doit être développé et doit devenir un outil de travail plus utilisé pour être crédible sur la scène européenne. Les élections européennes à venir doivent d’ailleurs devenir un test pour le PGE. Sur le PC en lui-même, l’organisation est trop verticale et la démocratie trop indirecte. Trop d’instances, une conception trop pyramidale, fait que les propositions de la base remontent très rarement au sommet. Le Parti doit redevenir une machine, une pieuvre, avec des cellules pour travailler et militer au plus près des gens, avoir un discours plus concret et plus rassembleur. Pour cela, la formation des membres et militants est indispensable. Il faut revenir aux écoles du parti, que cela redevienne un lieu de créativité, de réflexion, permettant à ceux qui n’ont pas d’expérience ou pas d’études, de mener les débats. Le Parti doit à nouveau séduire artistes et intellectuels, qui ont une influence sur l’opinion publique et sont les ambassadeurs de notre organisation. Cela passe par la multiplication de manifestations culturelles sous l’égide du Parti, comme la Fête de l’Humanité, et toutes les fêtes locales du PCF qui doivent se multiplier, mais aussi par le parrainage de festival, de concours, et caetera… cela passe aussi par la large diffusion de notre presse, qui était auparavant notre moyen de contact avec toutes les couches de la population : jeunesse (Pif, Avant-garde), milieu rural (La Terre), intellectuels (Regards), ouvriers (HD), militants de toutes conditions (L’Humanité). Notre formation politique avait été à l’avant-garde en créant son organe central : l’Humanité, il doit à nouveau innover en créant un nouveau média, pourquoi pas une radio, ou du moins une émission, une chaîne de télé (sur internet il existe de nombreuses web tv qui ne demanderaient pas un fol investissement financier). On ne résoudra pas notre problème avec les médias en les dénonçant systématiquement et en les boycottant, il faut inverser le problème et créer des médias alternatifs et dynamiques. Au niveau des réunions, assemblées générales et autres débats, le Parti doit arrêter de multiplier les rencontres qui n’aboutissent à rien et qui se contentent d’un constat de la société. Les types et formes de ces réunions, ainsi que leurs horaires et leurs lieux doivent aussi être revus. Dans ma section, pour mille adhérents au PCF, nous ne sommes rarement plus de cinquante aux assemblées générales ! Il en va de la représentativité des communistes, de leur souveraineté et de la démocratie que de changer cela. Enfin, il faut adopter deux règles fondamentales. Nous sommes les premiers à dénoncer le fait que les élus ne sont pas représentatifs des populations, qu’il y a très peu de gens issus de ce que l’on appelle « les minorités visibles ». Mais que faisons-nous pour changer cela au niveau même de notre Parti ? A quand des candidats d’une nouvelle génération, issus de quartiers populaires et à quand la parité hommes-femmes ? On ferait mieux de régler avant tout les problèmes au niveau de notre organisation, avant de critiquer les institutions et la droite. Deuxième point, le cumul et la limite des mandats. Nous critiquons le cumul des mandats lorsqu’il touche des députés-maires UMP. Mais nous avons-nous aussi des élus qui cumulent plusieurs fonctions. Nos élus le sont même depuis des décennies pour certains. Nos dirigeants dans le parti également. Notre organisation est pyramidale, copiée sur le modèle soviétique ou cubain. Même si ce n’est pas un exemple de démocratie, le Parti communiste chinois, lui, interdit de cumuler plus de deux mandats pour les responsables du parti et au-delà d’un certain âge, on n’a plus le droit de se présenter au comité central. C’est à méditer et à prendre en considération. Je partage ce qu’a dit M. Dimicoli qui est pour la création de courants au sein même du PCF. C’est le seul moyen qui permettra au Parti communiste français de continuer à exister en tant que tel et à ne pas se diluer dans une éventuelle nouvelle organisation aux contours peu définis. Revenons aux fondamentaux du marxisme, ce sont nos abandons de ces fondamentaux qui ont fait que la Ligue ou la Lutte ont été crées : nous n’étions plus réellement communistes. Le meilleur moyen de se rassembler, c’est que nous-mêmes nous redevenions marxistes au sens noble du terme et vous verrez que de nombreux militants partis à l’extrême gauche reviendront ! Mais l’existence de courants est indispensable pour que les nouveaux arrivants puissent garder leur identité trotskiste socialiste ou autre. Enfin sur notre stratégie et nos alliances, il faut cesser de courir derrière le PS et être nous même les hérauts de la vraie gauche, authentique, combative et porteuse d’espoir et de transformation sociale. Avant de vouloir se rassembler avec la LCR, LO, PRS, les Verts ou autres, il faudrait déjà parvenir à créer des alliances à court terme avec eux lors des élections. La constitution d’un groupe parlementaire avec le MRC au Sénat et avec les Vers à l’Assemblée nationale est déjà un premier pas. Il faut passer des accords avec les forces de gauche dite antilibérale, même si ce terme m’horripile car comme dit plus haut, il faut cesser d’être « anti » et devenir « pro ». J’ai confiance en l’avenir, si nous prenons les bonnes décisions, nous pourrons rebondir. Partout, des jeunes s’engagent, des JC se sont crées après le CPE, des UEC se créent en ce moment avec la lutte contre la loi Pécresse, les jeunes se sont passionnés pour la campagne présidentielle et ont tous besoin d’une perspective politique pour concrétiser leurs luttes. A nous d’y répondre !

                                                                                               DAVID GAINI

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