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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 10:17
Par quel étrange tour de passe-passe idéologique Sarkozy qui appelait il y a moins d’un an dans sa campagne à « liquider une bonne fois pour toutes » l’héritage de mai 68 peut-il être aussi souvent présenté par des commentateurs prétendument avisés de ces événements comme un enfant voire un héritier de cette période historique ?

On prête certes ces temps-ci à Carla Bruni de grandes vertus transformatrices à l’égard de la personnalité présidentielle mais de là à nous faire prendre l’enfant chéri du MEDEF pour un adorateur refoulé de la barricade révolutionnaire, il y a comme qui dirait tromperie sur la marchandise.

C’est pourtant ce genre de confusions, largement entretenues, qu’un véritable débat sur la nature de ces événements devrait s’employer à dissiper. Or si les forces progressistes réellement attachées à prolonger la portée de ce mouvement unique en son genre ne s’en occupent pas, ce n’est pas gagné. Autrement dit, la mémoire de 68 est un enjeu historique et politique de première importance. Il convient d’abord de réhabiliter un récit non édulcoré de ces événements. Nous en sommes loin. La singularité de Mai 68 en France est d’avoir été indissociablement un mouvement étudiant et de la jeunesse radical ET une grève générale ouvrière inégalée, tout autant une libération de la société qu’un affrontement de classe de très grande portée.

La droite qui eut si peur hier de la convergence de toutes ces forces aimerait tant aujourd’hui pouvoir continuer à trier et à effacer de la mémoire collective ce qui la dérange.

Il importe aussi de s’attacher à rendre dans toute leur ampleur la visée émancipatrice des idéaux qui agitèrent alors étudiants et salariés.

Libération des mœurs et respect de la dignité des travailleurs, pouvoir du peuple et primauté de l’individu... tout était mêlé dans cette vague qui allait changer la France. On voudrait aujourd’hui tout opposer, nous sommer de choisir quand il est au contraire plus actuel que jamais de s’attacher à faire reculer toutes les formes de domination qu’elles quelles soient. De 68, il nous faudrait retenir la dimension jubilatoire pour laisser au vestiaire de l’histoire l’utopie anticapitaliste. Nous, nous voulons tout garder, pour tout repenser et tout réinventer.

Enfin l’histoire politique de 68 mérite elle aussi d’être racontée, ses promesses comme ses occasions manquées. Mieux vaudrait éviter pour cela d’emprunter les sens uniques d’un anticommunisme historiquement daté, surtout quand les acteurs politiques de l’époque sont prêts à un débat lucide et sincère, sans tabou.

C’est en tenant compte de tout cela qu’on pourra ouvrir le débat comme il se doit et éviter qu’on nous raconte un peu trop d’histoires.

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