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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 09:08

Qui oserait encore parler de présidence du pouvoir dachat ? Chaque jour qui passe confirme au contraire une entreprise de dépeçage systématique du pouvoir dachat populaire. Pour la carte famille nombreuse, le boulet était passé très près. Devant le tollé suscité par lannonce de sa suppression, Sarkozy a suspendu cette décision quelques heures à peine après que son ministre des Transports leut confirmée. Un week-end plus tard, cest Roselyne Bachelot qui monte à son tour à lassaut et ajuste cette fois les assurés sociaux entre les deux yeux : désengage­ment complet de la Sécu des remboursements des lunettes et des frais dopti­que ! Une véritable provocation au lendemain dune journée nationale de mobilisa­tion des maladies contre les franchises médicales.

Mais pour le gouvernement, taxer les salariés ne suffit pas, il faut en plus les culpabiliser, les montrer du doigt pour justifier le recul de leurs droits. Au moment même où le Parlement entame la discussion dun projet de loi prétendument des­tiné à “ moderniser le marché du travail ”, on apprend quil concocte un projet de sanctions, avec perte des allocations, à lencontre des chômeurs qui refuseraient deux offres demplois si celles-ci ne sont pas inférieures à 70 % de son salaire antérieur et localisées jusquà deux heures de son domicile. Cest paraît-il les nouveaux critères de ce que le gouvernement baptise dun nouveau sigle, OVE, une offre valable demploi. Le salarié chômeur, taillable et corvéable à merci, un rêve auquel le patronat a moins que jamais renoncé. Quant au projet de loi lui-même, qui sappuie sur une négociation menée le couteau sous la gorge entre les syndicats et le MEDEF, il napporte en rien la sécurisation des parcours profes­sionnels annoncée mais, à y regarder de près, plutôt tout le contraire : des contrats fragilisés, des périodes dessai allongées… Et Laurence Parisot ny voit quun début : “ Il faut dédramatiser, il va falloir continuer à sadapter à la globalisation ”, déclare-t-elle…

La globalisation, justement, parlons-en. Cest elle qui provoque les émeutes de la faim qui éclatent un peu partout en ce moment sur la planète ; une globalisation qui, trop obsédée à servir les marchés, a oublié de nourrir les hommes ! Celle qui a entraîné les marchés dans une folle spéculation sur les denrées agricoles de première nécessité, au point de menacer aujourdhui, aux dires de lONU, plus de trente pays de très graves déstabilisations. Celle qui organise de plus en plus la localisation des activités industrielles en fonction dun critère unique, le dumping salarial, comme on vient de le voir encore avec la grève des ouvriers de Dacia. Celle qui, pour éponger les énormes masses financières englouties dans les fail­lites bancaires provoquées par la crise des subprimes américains, serra partout le robinet des crédits et des dépenses publiques. La “ modernisation du marché du travail ”, ce serait donc cela : sadapter encore et encore à cette globalisation capi­taliste...

Mais qui ne voit quà lorigine de tous ces ravages, il y a toujours la même obses­sion de rentabilisation financière des marchés, des territoires, des mains-dœu­vre ?  Et il faudrait senfoncer encore dans la mise en concurrence, sacrifier nos acquis, nos atouts, griller nos potentiels, “ flexibiliser ” les vies plutôt que protéger leur développement. Déséquilibrer toujours davantage le contrat de travail entre patron et salarié au détriment de ce dernier, ce nest pas préparer lavenir, cest marcher à reculons de lhistoire.

La droite et le patronat se vantent souvent dêtre ceux qui ont les pieds sur terre et regardent les réalités en face. En ce moment, cest le sentiment exactement inverse que donne la politique gouvernementale : celle dun train fou lancé à pleine vitesse qui entraîne notre pays dans un terrible crash humain et financier n


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