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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 10:00

Xavier Darcos a annoncé que l’État ne remplacerait pas 13 500 départs à la retraite dans l’Education nationale en 2009, prenant comme prétexte l’impératif de réduction de la dette.

Le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a décidément pris le parti de se faire des ennemis au sein des corps enseignants. Non content d’avoir déjà organisé la suppression de 11 200 postes pour 2008, le désormais ex-maire de Périgueux a remis le couvert ce matin. Dans un entretien au journal Libération, il déclare avoir « proposé au Premier ministre – et c’est vraisemblablement le chiffre qui sera retenu – le non-renouvellement de 13 500 départs à le retraite » à la rentrée 2009.

M. Darcos justifie cette décision en expliquant qu’ « une meilleure gestion permet de dégager des marges de manœuvre dans l’Education nationale  », et qu’il y a « environ 30 000 personnes qui ne sont pas devant les élèves car elles sont dans les services de toute nature. […] Ces personnes peuvent être mises au service des élèves, et nous allons les ramener au bercail  ». L’équation qu’il dit vouloir résoudre pour 2009 comporte à ses yeux une double exigence. D’une part, « que le service reste de qualité », et d’autre part « réduire la dépense publique afin de ne pas laisser de dette aux générations futures  ».

Cette réduction des effectifs s’inscrit de manière plus générale dans la politique gouvernementale de démantèlement des services publics. Lorsque François Fillon, fin septembre 2007, se déclare « à la tête d’un Etat qui est en situation faillite sur le plan financier  », ou quand Nicolas Sarkozy dans sa conférence de presse du 8 janvier lance : « S’agissant du pouvoir d’achat, qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?  » ; Il faut y voir un avant-goût de l’instrumentalisation du thème de la dette comme responsable de tous les maux. Et c’est bien connu, pour diminuer la dette publique, le seul moyen est de « dégraisser le mammouth », selon l’expression consacrée par Claude Allègre. Encore ce mercredi matin sur RTL, François Fillon déclarait qu’«  on est en déficit depuis 34 ans : si on veut sortir de ce déficit il y a deux façons de le faire : soit avec un plan de rigueur (…) ou il y a une autre solution, celle que nous avons choisie : on fait des réformes structurelles »… et d’affirmer aussitôt l’objectif de suppression de 30 000 postes de fonctionnaires pour 2009.

La stratégie est classique : sous couvert de vouloir « réformer », « optimiser », ou « mieux gérer », on supprime progressivement de plus en plus de postes. Cela traduit assez clairement l’optique libérale du gouvernement : celui-ci veut tout simplement réduire la taille de l’Etat. Le ministre de l’Education nationale explique que ces suppressions se feront sans « toucher à l’offre éducative, bien au contraire  ». Il se trahit toutefois lorsqu’il explique que « pour qu’on ne [lui] dise pas que la réforme du lycée est justifiée par un cynisme budgétaire et la volonté de faire des économies », il fera « en sorte que les non-renouvellements d’emplois le concernent le moins possible en 2009 » : il admet le corollaire inévitable entre les deux. Xavier Darcos ne fait donc que reprendre les moyens utilisés par la droite pour légitimer et justifier la plupart de ses réformes : employer l’argument de la dette pour justifier le démantèlement du service public.

Face à cette annonce, les syndicats d’enseignants et de lycéens n’ont pas tardé à réagir. Ainsi, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a condamné ce matin dans un communiqué à l’AFP ce qu’il a appelé les « purges » et « saignées » d’une « ampleur inégalée » qui «  ignorent les besoins et les attentes de la population ». Selon lui, cela ne va faire « qu’amplifier ce qu’on a connu cette année : suppressions ou réduction de l’offre d’options, réduction des possibilités de remplacement, accroissement du nombre d’élèves par classe et réductions des possibilités de régler les problèmes scolaires ». Dans un autre registre, Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT (enseignants) a lui regretté la « logique purement comptable » du gouvernement, qui selon lui ne tient pas compte des «  besoins éducatifs ». S’il ne rejette pas la transformation du système éducatif (« c’est nécessaire »), M. Cadart déplore toutefois que le gouvernement veuille puiser les économies de postes dans les postes de remplacement. Selon lui, «  si on supprime des postes là, les remplacements seront moins bien assurés, on aura des situations graves. Or le remplacement fait partie des objectifs du service public ».

L’UNL, premier syndicat lycéen, déplorant une « saignée » a d’ores et déjà prévenu qu’il «  reprendrait la mobilisation » à la rentrée pour «  contrer » la « casse du service public de l’Education ». Nul doute que la Sgen-CFDT et la FSU s’associeront aux actions, et qu’en tentant de faire fondre l’ampleur de ses réformes sous la chaleur de l’été, le gouvernement se met en place une rentrée sociale… brûlante.

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