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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 13:00
« La crise financière, c’est celle d’un système qui, en quelque sorte, a trahi l’esprit du capitalisme » déclarait en octobre Sarkozy. La finance a-t-elle dévoyé le bon gros capitalisme de papa qui serait tout gentil, vertueux, ou l’ a t elle poussé jusqu’à ses extrémités , faisant apparaître au grand jour son être profond ?

Freud expliquait déjà que les états de crise révèlent toujours une personnalité, le jugement est sans aucun doute valable aussi pour les sociétés. Il n’y a pas d’un côté la finance sale, dérégulée, aux mauvaises manières et de l’autre le vrai capitalisme propre sur lui, qui travaille, se lève tôt le matin. Pour penser ainsi, il faut croire que le président de la République doit être privé de la lecture des Échos.

Le journal financier signalait par exemple le 13 octobre dernier que le holding de la famille de Wendel, symbole s’il en est du capitalisme, avait vu la note de sa dette abaissée au rang des « obligations pourries » » ? Trop endettés, les descendants des maîtres de gorges ! Dans son édition du 31 octobre, le même quotidien signait un éditorial intitulé : »Le mur de la dette est de retour ». Il s’inquiétait du fait que sur les 24 derniers mois, la dette nette des entreprises du CAC40, hors valeurs bancaires, « a bondi de 25%, à 250 milliards d’euros ». Tout cela évidemment fait désordre.

Le journal citait parmi ces mauvais élèves du CAC 40 particulièrement deux groupes, Veolia Environnement, 16,5 milliards d’euros de dettes, soit l’équivalent de 18 années de bénéfice, et Vinci, le géant du BTP, 15,8 milliards de dettes, 9 années de résultats. La chute des titres de ces sociétés et la montée de leur endettement ont fait exploser la ratio dettes sur valeur des actifs que les agences de notation et tous les analystes financiers suivent à la trace. D’où vient cet endettement ?

Essentiellement de la croissance financière externe, d’une politique d’acquisitions à marche forcée en France et en Europe. En 2007, Veolia a acheté une société allemande pour 1,45 milliard, une américaine pour 788 millions, une italienne pour 388 millions... La dette est ainsi montée, en dépit d’une augmentation de capital. Le groupe Vinci lui n’a pas fini de digérer l’acquisition d’Autoroutes du Sud de la France (ASF) en 2006, d’autant qu’il ne s’est pas arrêté en si bon chemin, il a persisté en 2007. Ces deux sociétés ne sont pas de vilains petits canards, le « mur de la dette » pour reprendre le langage des Échos, étend son ombre sur bien des entreprises qui se réveillent avec une « gueule de bois » qui n’est que la suite des ivresses d’hier.

Certaines statistiques permettent de mesurer l’ampleur du phénomène, notamment l’importance des sorties de capitaux pour partir à la pêche de la bonne affaire hors des frontières. Ainsi, à la fin juillet 2008, les investissements en capital social à l’étranger des entreprises installées dans l’hexagone, c’est à dire les prises de participations dans des sociétés situées hors de nos frontières, en Europe et aux États Unis principalement, s’est élevée à 65 milliards d’euros sur un an. Le mouvement s’est accéléré puisque pour les douze mois de 2007, ces investissements n’étaient que de 57 milliards.

Les groupes français se sont engagés dans une spirale : avec ces opérations, ils faisaient grimper la valeur de leurs titres en Bourse et, en dopant ainsi le cours de leurs actions, ils se contraignaient eux-mêmes à augmenter leurs résultats. Plus ils accumulaient d’argent, plus il leur en fallait. Mais ce gonflement financier s’est opéré contre la croissance réelle, l’emploi, les dépenses pour les hommes, jusqu’à ce que ce soufflé se dégonfle brutalement. C’est bien tout le système qui est malade.

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