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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 13:57
Les manifestations d’étudiants et enseignants prennent de l’ampleur, alors que se déroulent aujourd’hui les obsèques de l’adolescent tué par un policier samedi, qui font craindre une nouvelle flambée de violences urbaines malgré l’appel à l’unité de la nation lancé dans la matinée par le Premier ministre, Costas Caramanlis.

Alexis Grigoropoulos, 15 ans, dont la mort samedi sous les balles d’un policier a déclenché les violences, doit être enterré à 15h00 à Palio Faliro, une banlieue de la capitale proche du grand port du Pirée.

Dans tout le pays, les collèges et lycées resteront fermés mardi en signe de deuil, sur décision du gouvernement, prise après avoir sous-estimé la colère de la jeunesse.

De nouvelles manifestations sont attendues, notamment dans la capitale, où des jeunes ont continué mardi pendant une partie de la matinée à harceler la police dans au moins un quartier.

Craignant une poursuite des violences, Costas Caramanlis a lancé mardi matin un appel à l’unité de la nation et du monde politique contre les fauteurs de troubles.

"Dans ces heures cruciales, le monde politique doit unanimement et catégoriquement condamner et isoler les auteurs des destructions. C’est notre devoir démocratique, c’est ce qu’exigent les citoyens, et c’est ce qu’impose notre devoir national", a affirmé M. Caramanlis, après une brève entrevue avec le Chef de l’Etat, Carolos Papoulias.

Le Premier ministre, fragilisé par les violences, doit s’entretenir dans la journée avec les dirigeants de l’opposition parlementaire, socialiste, communiste, de la gauche radicale et de l’extrême-droite.

Dans un autre message à la nation, lundi après-midi, M. Caramanlis avait durci le ton contre les auteurs des violences, soulignant que les troubles "ne peuvent pas et ne seront pas tolérés".

Ces menaces n’ont pas empêché une troisième nuit de violences lundi soir dans les centres d’Athènes et Salonique, avec de nombreux magasins et banques vandalisés et des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, signe selon les observateurs d’un profond malaise et d’une radicalisation de la jeunesse grecque minée par l’insécurité économique, le chômage et les bas salaires.

L’incapacité des autorités à juguler la flambée de manifestations et violences qui a gagné le pays depuis samedi était soulignée mardi par la presse grecque, de droite comme de gauche, qui dénonçait notamment un "vide de pouvoir" face à "l’anarchie".

Dès lundi soir, les médias audiovisuels avaient pointé l’inefficacité des forces de l’ordre, sur la défensive face aux manifestants, forçant le ministre de l’Intérieur, Prokopis Pavlopoulos, à monter au créneau dans la nuit pour défendre le travail de la police, qui a selon lui "fait tout le nécessaire pour protéger la vie humaine et la propriété".

Mardi matin à Athènes, une centaine de jeunes retranchés dans l’Ecole polytechnique ont continué à harceler les forces de l’ordre, qui ont riposté par des tirs de lacrymogènes, selon une source policière.

Le calme est ensuite revenu dans ce quartier, tout comme dans le reste d’Athènes, théâtre depuis lundi soir et jusque vers 02H30 locales (00H30 GMT) d’affrontements, d’actes de vandalisme et de pillages de dizaines de magasins, banques et équipements publics, dans une atmosphère rendue irrespirable par les gaz lacrymogènes.

Jusque dans le quartier chic de Kolonaki, les carcasses carbonisées de voitures, les alignements de vitrines brisées et les tas de poubelles fumants attestaient mardi matin de la rage des contestataires, que des forces anti-émeutes dispersées ont échoué à contenir pendant des heures.

La police a annoncé avoir arrêté 87 personnes, des pillards pour la plupart, à Athènes à la suite des violences de la nuit, et précisé que douze policiers avaient été blessés dans les affrontements avec les jeunes.

Les pompiers ont dû intervenir à 190 reprises et ont éteint des incendies dans une centaine de bâtiments et sur une vingtaine de 20 véhicules.

La tension était aussi retombée à Salonique, la deuxième ville du pays, et dans les autres villes gagnées lundi soir par la vague de violences et de destructions : Patras, dans le Péloponnèse, Larissa, dans le centre, la Canée, en Crète et Ioannina (nord-ouest).

Les incidents avaient démarré en soirée, en marge de manifestations de protestation contre la bavure policière qui avaient réuni plusieurs milliers de personnes à Athènes et Salonique, à l’appel de la gauche parlementaire.

Le policier qui a tiré sur Alexis Grigoropoulos a été arrêté et inculpé d’"homicide volontaire", tandis que le collègue qui l’accompagnait était appréhendé pour "complicité".

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