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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 09:37

I1I. Une Europe de paix et de coopération


Aucune guerre ne doit plus jamais prendre naissance sur le sol européen.

Nous considérons que la guerre et la militarisation ne sont pas des instruments

politiques et nous voulons une stratégie qui garantisse la sécurité pour tous.

Le désarmement et la reconversion des industries militaires sont des

tâches essentielles. Nous menons campagne contre la clause de réarmement

du traité de Lisbonne, non seulement à cause des armes de mort et

de destruction de la nature, mais aussi parce qu’elle détourne des fonds

hors du développement économique, social et écologique. L’Agence européenne

de défense doit être remplacée par une Agence de désarmement

chargée de faire cesser la course aux armements, la prolifération et la possession

d’armes de destruction massive, la militarisation de l’espace et des

océans, à partir d’accords de désarmement.

Les conflits qui émergent en Europe – notamment après le refus par les

gouvernements de repenser la coopération de tous les États européens sur

une base juste et égalitaire depuis 1990 – soulignent la nécessité de créer

un nouveau système de sécurité collective en Europe. À partir d’une crise

régionale devenue une situation de guerre ouverte, le conflit du Caucase

d’août 2008 est devenu une crise internationale qui a impliqué les États-

Unis et qui a appelé la population européenne et l’Union européenne à

jouer leur rôle pour négocier une solution politique. Le danger que de tels

conflits s’étendent à d’autres régions d’Europe demeure une question cruciale.

Parallèlement, le déploiement des forces de l’OTAN en Afghanistan

et les demandes croissantes des États-Unis d’augmentation de la participation

européenne montrent la faillite de la stratégie d’intervention militaire

suivie par l’administration Bush. Cela démontre la contradiction croissante

entre, d’une part, les intérêts européens de sécurité et, d’autre part, la

stratégie d’intervention militaire et l’expansion de l’OTAN.

La Gauche européenne réaffirme son exigence de dissolution de l’OTAN.

Nous sommes opposés à la logique des blocs militaires, y compris les tentatives

et politiques de création de structures militaires européennes.

Plus que jamais, la sécurité en Europe doit être fondée sur les principes de

défense, de désarmement et l’incapacité structurelle de commettre des

agressions, sur la solution des conflits par des moyens politiques et civils au

sein du système de l’OSCE, conformes au droit international et aux principes

d’un système réformé et démocratisé des Nations unies. Un tel système

européen, collectif et coopératif, doit garantir la sécurité ainsi que l’accès

inconditionnel à la fourniture d’énergie, le respect de l’environnement,

le respect des droits humains, etc.

Nous devons souligner le rôle négatif, non seulement militaire mais aussi

politique, que l’OTAN joue en se conformant aux intérêts des États-Unis

en Europe. Même après la confrontation entre les blocs Est et Ouest,

l’OTAN est restée en place et s’est développée pour devenir un outil

encore plus fonctionnel des administrations états-uniennes au service de

leurs stratégies hégémoniques. L’élargissement de l’OTAN vers l’Est est

conforme à cette logique.

Les accords bilatéraux entre les États-Unis et différents pays européens,

tels que celui avec l’Italie concernant la base militaire états-unienne de

Vicenza, avec la Pologne et la République tchèque pour le déploiement du

bouclier antimissiles et ceux avec la Bulgarie et la Roumanie, concernant

des nouvelles bases militaires, représentent non seulement une menace

pour la souveraineté de l’Europe, mais créent un risque réel d’une nouvelle

confrontation militaire en Europe.

Le retrait des troupes de l’OTAN et de la coalition occidentale dirigée par

les États-Unis en Irak et en Afghanistan est une condition nécessaire à la

dissolution de l’OTAN par un processus politique. La communauté internationale

et les États-Unis doivent aider le peuple afghan à trouver une

solution politique par des moyens non militaires, sur la base du respect du

droit international et des droits de l’homme. Nous exigeons également la

fermeture de toutes les bases de l’OTAN et des États-Unis en Europe.

Nous sommes contre les installations de défense satellitaire des États-Unis

(ou d’un quelconque pays européen) déployées en Europe ou hors d’Europe

et nous soutenons totalement les citoyens tchèques, polonais, bulgares

et roumains qui luttent contre de telles installations. Nous refusons

toute utilisation militaire du système européen Galileo.

Les politiques commerciales et de développement de l’Union européenne

doivent être conformes aux objectifs de développement du Millenium et

réalignées sur le principe d’égalité entre tous les pays. Les accords bilatéraux

de partenariat européens ne sont pas la bonne voie. La politique

consacrée au commerce international de l’UE doit être conçue pour donner

des réponses adéquates permettant de résoudre les problèmes écologiques

et sociaux de la planète. Le combat contre la pauvreté qui continue

de croître dans le monde et les déséquilibres doit être mis au centre de la

coopération de développement – il faut mettre fin au mauvais usage de la

coopération de développement dans le but de perpétuer des relations de

type colonial, pour apporter un soutien unilatéral aux industries d’exportation

en faveur des entreprises européennes ou pour servir d’instrument

géopolitique. Nous voulons l’interdiction de la transformation de produits

alimentaires en carburants. Nous exigeons l’annulation de la dette pour les

pays les plus pauvres du monde et la révision des programmes d’ajustement

structurel de la Banque mondiale et du FMI.

Nous soutenons un développement plus important de la coopération

méditerranéenne. Elle est la clé pour établir la paix et la sécurité au Moyen-

Orient. Mais le processus de Barcelone est en crise. Transformer le processus

de Barcelone en une Union méditerranéenne plus étroite et plus

institutionnalisée exige la participation active de toutes les forces politiques

et sociétés civiles des pays impliqués. Le processus démocratique et transparent

pour renouer une relation entre tous les pays de la région et

l’Union européenne est le seul moyen pour éviter de transformer ce projet

politique ambitieux en une structure inégalitaire.

Une Méditerranée de paix durable et stable est impossible sans que soit

résolu le conflit du Moyen-Orient. La condition préalable essentielle est la

reconnaissance et la concrétisation du droit du peuple palestinien à avoir

un État indépendant et viable à côté de l’État d’Israël – avec des droits

égaux et vivant ensemble dans un voisinage pacifique. Le PGE fera tout son

possible pour exiger cela et pour pousser l’UE et ses pays membres à agir

selon cette orientation. Même plus : l’Europe doit s’émanciper du plan des

USA appelé “Grand Moyen-Orient”, pour s’engager elle-même activement

pour mettre fin à l’occupation militaire des territoires palestiniens, pour, le

démantèlement du “mur”, pour la stricte exécution des résolutions de

 

l’ONU à ce sujet. L’UE doit entreprendre un plus grand nombre de

démarches politiques pour exiger le soutien des pays arabes de la région et

pour stimuler la conscience grandissante des sociétés civiles en faveur de la

nécessité de promouvoir une politique active de résolution du conflit. Le

PGE refuse les politiques des USA et de l’UE à l’égard de l’Iran – notamment

concernant la solution du conflit sur l’usage de l’énergie nucléaire – et

exige des négociations strictement politiques ; le PGE exprime sa solidarité

aux forces sociales et politiques qui luttent pour la mise en pratique et la

garantie du respect des droits de l’homme en Iran.

Le PGE souligne son engagement pour un processus de sécurité et de

coopération de tous les États des régions de la Méditerranée et du Moyen-

Orient, y compris le droit du peuple Sahraoui à l’autodétermination sur la

base des résolutions existantes de l’ONU 1754 et 1783.

La Turquie doit respecter et s’engager légalement à garantir les droits politiques

et humains de toutes les personnes vivant dans le pays, y compris

toutes les minorités, elle doit mettre en oeuvre des réformes juridiques et

sociales conformes au droit permettant d’ouvrir une voie démocratique et

pacifique pour tous les citoyens kurdes, apportant ainsi une solution politique

au problème kurde.

L’évolution significative de la question de Chypre et le changement d’ambiance

après l’élection de Dimitris Christofias à la présidence de la République

ouvrent de nouvelles perspectives prometteuses aux efforts de réunification

de l’île. La tenue de négociations officielles entre les dirigeants des

deux communautés, sous les auspices de l’ONU, devrait conduire à une

solution fédérale bizonale et bicommunautaire impliquant l’égalité politique,

en conformité avec les résolutions de l’ONU en la matière et sur la base

des accords de haut niveau, du droit européen et du droit international.

Le PGE se prononce en faveur de la création de conditions politiques et

économiques permettant une coexistence pacifique des peuples et des

États européens : l’Europe a besoin d’un espace économique et social qui

n’exclut aucun autre pays européen et qui est basé sur un système variable

d’accords tant bilatéraux que multilatéraux. La Gauche européenne se prononce

en faveur de l’élargissement ultérieur de l’Union européenne et

pour une structure stable à l’échelle du continent afin de surmonter les

divisions politiques et économiques encore existantes en Europe. Pour cette

raison Le PGE soutient notamment la préservation de gouvernements

démocratiques, la garantie et la concrétisation des droits humains pour

tous les peuples dans la pratique quotidienne, le respect et la protection

des minorités et l’État de droit, parce que ce sont des conditions préalables

importantes pour négocier avec les pays demandeurs de leur adhésion à

l’UE. L’Union européenne, quant à elle, doit être politiquement et économiquement

en état de prendre les mesures d’élargissement.

La Gauche européenne demande la mise en application concrète de la nouvelle

politique de voisinage de l’Union sur la base de l’égalité, notamment

en ce qui concerne les pays membres de la CEI et les États de la partie occidentale

des Balkans.


IV. Une Europe démocratique et égalitaire


La reconstruction de l’Europe reste encore aujourd’hui une tâche à accomplir.

Tous les êtres humains qui vivent dans des États membres de l’Union

européenne ont le droit de participer à sa construction et à son développement

futur, qu’ils y soient nés ou non. L’Union européenne doit s’ouvrir à

la participation démocratique de tous les gens qui y vivent, sinon elle n’aura

pas d’avenir.

Nous nous déclarons pour le renforcement des droits et libertés individuels,

ainsi que des droits sociaux et politiques fondamentaux de toutes les

personnes qui vivent dans l’Union européenne. La charte des droits fondamentaux

doit devenir légalement contraignante et doit être développée

dans un sens plus progressiste. L’Union européenne doit adhérer à la

Charte européenne des droits de l’homme (CEDR). Le PGE défend l’égalité

pleine et entière entre les femmes et les hommes dans tous les domaines

de la vie. L’Union européenne doit protéger et promouvoir les droits de

toutes les personnes discriminées du fait de l’origine ethnique, de l’orientation

sexuelle, du sexe, de la religion, de l’idéologie, du handicap ou de l’âge.

Nous exigeons le respect des droits de toutes les minorités et des actions

efficaces contre le racisme, la xénophobie, l’ultranationalisme, le chauvinisme,

le fascisme, l’anticommunisme, l’homophobie et toute autre forme de

discrimination.

L’Europe que nous voulons exige la démocratisation de l’économie. Les

droits d’association, de codécision et de grève doivent s’appliquer à travers

les frontières. Nous refusons que les normes sociales et syndicales soient

subordonnées aux principes de liberté pour le seul marché édictés par la

cour de justice européenne. En revanche, les droits et les possibilités des

travailleurs de participer aux décisions de l’entreprise, par exemple à la

réglementation des investissements et de la production, doivent être élargis

et définis par le droit international.

Le PGE se déclare en faveur d’une politique culturelle de l’Union européenne

basée sur le dialogue interculturel et l’éducation. Il combat la libéralisation

illimitée des services culturels. Nous voulons que le dialogue entre les

cultures devienne le principe d’une politique pacifiste, du niveau local au

niveau européen. Nous soutenons la Convention de l’UNESCO sur la promotion

et la promotion de la diversité des expressions culturelles, qui prévoit

que la législation internationale rend obligatoires la préservation et la

promotion de la diversité des cultures régionales.

Nous exigeons aussi une politique transparente à l’égard des médias. Les

sources de la productivité économique, de l’hégémonie culturelle, ainsi que

du pouvoir politique et militaire dépendent de plus en plus de la production,

de la mémorisation et de la conversion de l’information et de la

connaissance. C’est pourquoi lès à l’information et à la communication et

l’acquisition de ces données sont des conditions essentielles pour la participation

démocratique, tant au plan national qu’européen. En outre, il est

indispensable de démocratiser la production, le traitement et l’appropriation

de l’information et des connaissances pour tenir tête au capitalisme

numérique. Nous sommes en faveur de structures démocratiques des

médias publics, permettant un accès facile et bon marché aux pratiques culturelles

modernes comme l’Internet, des codes et des programmes gratuits

sans permettre l’usage illégal de réseaux sociaux et de données personnelles.

Il est nécessaire d’inverser le processus de Bologne, la subordination des

besoins de l’école, de l’université et de la recherche aux industries privées,

aux profiteurs du marché libre. L’éducation est un droit humain. Elle doit

être organisée sous la forme d’un processus ouvert qui nous permettra de

construire les enjeux démocratiques futurs, accessibles à tous.

L’éducation publique européenne doit être enracinée dans les principes et

les valeurs qui définissent les caractéristiques essentielles de la culture

européenne. Dans tous les États membres, l’école doit être un lieu de rencontres

et de libre confrontation entre les cultures qui coexistent dans une

société de plus en plus multiculturelle et multireligieuse, comme une prémisse

nécessaire pour un véritable développement de la paix grâce à l’éducation.

En même temps, l’université doit être mise en condition de développer

son rôle éminent de formateur culturel et scientifique, sans aucun

lien avec la logique des marchés.

Pour que toutes les personnes qui vivent dans l’Union européenne puissent

occuper l’espace politique qui leur est dû, le Parlement européen doit avoir

le pouvoir de légiférer. La participation directe aux processus de décisions

doit être rendue possible, selon l’exemple de l’agora citoyenne introduite

par le Parlement européen, comprenant des référendums organisés au

niveau de l’Union et au niveau national sur des décisions primordiales de

l’Union européenne. Les institutions de l’Union européenne (Conseil,

Commission, Parlement) doivent s’ouvrir à la participation des sociétés

civiles, lesquelles doivent avoir la possibilité de contrôler leurs décisions.

Les mesures et lois antiterroristes à l’échelle de l’Union européenne doivent

être abandonnées. Nous voulons l’abolition de la liste des “organisations

terroristes” qui met notre liberté en péril.

Nous voulons une Europe cosmopolite ouverte à l’immigration. Pas

d’Europe forteresse qui rejette les gens qui sont dans la détresse. Une politique

européenne commune sur les réfugiés et l’immigration, conforme à la

convention de Genève est indispensable. Les gens qui fuient les persécutions

à cause de leur engagement politique, de leur idéologie, de leur religion

ou de leur orientation sexuelle doivent trouver asile et protection en

Europe. Nous demandons que le droit d’asile soit reconnu pour les persécutions

en rapport avec le sexe de la victime et les persécutions non gouvernementales

et nous appelons tout particulièrement à la protection des

enfants réfugiés. Pour cette raison, nous rejetons le système existant

Frontex de contrôle des frontières et demandons que tous les plans

concernant l’application de la directive “droit au retour” soient annulés.

Tous les centres de rétention doivent être fermés.

Nous, partis membres de la Gauche européenne, faisons campagne ensemble

et dans nos propres pays pour la réalisation de ces objectifs dans la préparation

des élections de 2009 au Parlement européen. Nous voulons un

puissant groupe parlementaire de gauche afin de pouvoir changer l’Europe.

Chaque voix pour un candidat de la Gauche européenne est une voix pour

une Europe sociale, écologique et féministe, de paix et de solidarité !


Prenez votre chance en main, changez l’Europe maintenant !

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