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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 09:58


I. Les élections au Parlement européen de juin 2009 seront la prochaine occasion de commencer à construire

de nouvelles fondations à l’Union européenne et d’ouvrir une nouvelle perspective pour l’Europe

 

 

de tout le système et qui grandit de jour en jour. Elle amplifie et aggrave la

crise alimentaire, énergétique et écologique. Partout dans l’Union européenne

le choc est terrible. La crise est causée par le capitalisme néolibéral

mondialisé, à savoir les élites économiques et politiques irresponsables qui

promeuvent ce capitalisme des risques, mais son prix sera payé par le

peuple. Il met en danger la paix, la sécurité et la coexistence internationales.

Le monde a été immergé dans cette crise mondiale par la politique

hégémonique des États-Unis et en particulier par l’administration Bush.

Cette crise démontre une fois de plus la faillite de la mondialisation néolibérale

qui a maximisé les profits des principaux acteurs du marché financier

à l’échelle mondiale, sans aucun contrôle, ni intervention des États. La politique,

les États et des sociétés entières sont soumis aux marchés financiers

incontrôlés. Le résultat est clair : une absence de démocratie et la fin de

l’État providence.

La politique de bas salaires et de travail précaire a placé le système financier

et de crédit dans une situation de risque.

Les gouvernements, les institutions de l’UE et les organismes économiques

mondiaux tels que le FMI, la Banque mondiale et l’OMC, ont imposé privatisations

et dérégulations. Il en résulte que les fondements néolibéraux des

traités de l’UE sont remis en question, notamment l’insistance sur une

“économie de marché ouvert à concurrence libre” : la circulation incontrôlée

des capitaux, la libéralisation des services publics, le statut et la mission

de la Banque centrale européenne.

La crise historique qui frappe le capitalisme au coeur, nous met au défi de

contribuer à la résistance des peuples et d’ouvrir une perspective pour un

changement en Europe. Le Parti de la gauche européenne estime qu’une

sortie de la crise ne peut être trouvée qu’en se battant pour une Europe

démocratique et sociale : une Europe des peuples et non pas une Europe

des banques.

Cette crise est aussi une crise politique. Le “non” irlandais au traité de

Lisbonne, les “non” français et néerlandais au TCE ont montré qu’un

nombre croissant de personnes en Europe est en désaccord avec la politique

antidémocratique et antisociale de l’Union européenne. Ils estiment

que celle-ci est une construction lointaine et incompréhensible qui ne les

concerne pas, qui ignore leurs espoirs et leur situation concrète.

Nous réaffirmons notre “non” au traité de Lisbonne. L’expression démocratique

de la volonté des peuples doit être respectée dans un processus

démocratique basé sur une active participation des peuples, des Parlements

nationaux et européen. La participation démocratique et les pouvoirs des

Parlements doivent être renforcés par des lois légalisant les pétitions populaires,

l’élargissement des codécisions et les relations entre les Parlements

nationaux et le Parlement européen. Les citoyens de l’UE devront discuter

et prendre des décisions sur une alternative au traité de Lisbonne.

L’Union européenne intervient dans la vie des habitants de l’Europe.

Quinze ans après le traité de Maastricht, les orientations néolibérales ont

été appliquées. Les conditions de vie et de travail de la majorité de la population

d’Europe se sont rapidement détériorées : allongement du temps de

travail et de la vie au travail, salaires insuffisants, accroissement du chômage

de longue durée et du chômage des jeunes. Petits boulots, emplois temporaires

et stages non payés sont des réalités scandaleuses. De façon générale,

les services publics sont utilisés pour faire des profits. À quoi s’ajoutent

les pressions psychologiques et physiques, le mal-être, la peur, la disparition

des solidarités et la violence contre les plus faibles. On le constate de

façon dramatique avec la situation des migrants dans l’Union européenne

et dans ses pays membres, ainsi qu’avec la politique d’immigration de

l’Union. Par ailleurs, les profits ont augmenté de manière gigantesque : les

dirigeants des entreprises reçoivent des rémunérations astronomiques,

même lorsque leurs agissements ont des conséquences négatives. Les

riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent plus pauvres.

Les événements récents en Europe tels que le conflit du Caucase, les développements

au Kosovo et les traités bilatéraux avec les États-Unis concernant

l’installation de bases militaires en Europe de l’Est font mesurer combien

il est important que l’Union européenne respecte le droit international

et trouve des solutions politiques à tout conflit.

La militarisation de la politique étrangère de l’Union, liée à l’OTAN, doit

être remplacée par un concept alternatif de sécurité, fondé sur la paix, le

dialogue et la coopération internationale.

Beaucoup de gens sont déçus, frustrés ou se détournent de la politique

européenne, se sentant impuissants face à cette évolution. Mais beaucoup

d’autres luttent pour leurs emplois et pour bénéficier d’une sécurité sociale,

pour les services publics et le droit de participer au processus de la prise

des décisions politiques. Ils luttent pour leurs droits sociaux et individuels,

pour que les droits de l’homme soient respectés à l’égard de tous ceux qui

vivent dans l’Union européenne : l’immigration et le droit d’asile sont devenus

un problème urgent de la bataille politique. Ils s’efforcent d’obtenir

l’égalité entre les sexes et la démocratie, la justice et le droit pour tous de

vivre dans la dignité, en solidarité les uns avec les autres.

Plus que jamais, l’Union européenne est à la croisée des chemins : ou bien

elle continue de mener sa politique actuelle qui approfondit sa crise financière,

alimentaire, énergétique et de sécurité, ou bien elle se tourne vers

une option de développement durable et de justice sociale, de paix et de

coopération mutuelle, d’égalité entre les femmes et les hommes, de participation

démocratique et de solidarité, où l’antifascisme, l’antiracisme, les

libertés civiles et le respect des droits de l’homme sont appliqués par tous.

Le choix est aux mains du peuple. Pour vaincre la résignation et l’abstention,

nous disons : des alternatives existent. La politique peut et doit être

changée : tant aux niveaux nationaux qu’au niveau européen.

Le Parti de la gauche européenne exige que cette Europe soit une Europe

pacifique et citoyenne, dont les économies soient socialement et écologiquement

durables, une Europe féministe qui se développe sur la base de la

démocratie et de la solidarité. Cela exige une nouvelle synergie entre les

forces sociales et politiques. Cela exige des idées, des initiatives et un travail

acharné des acteurs politiques et des forces démocratiques, des syndicats

et des mouvements sociaux, des représentants des sociétés civiles.

Des alternatives sont possibles - par la lutte en commun, tant dans la rue

que dans les Parlements.

Nous nous joignons au combat du mouvement pour la paix et contre la

guerre, du mouvement des altermondialistes, au combat de tous ceux qui

résistent à la précarité de la vie, aux luttes des travailleurs, des femmes et

des jeunes.

Ensemble, avec les représentants des autres partis socialistes, communistes,

des Gauches Verts nordiques, nous avons coopéré avec succès au

sein du groupe GUE-GVN du Parlement européen. Le caractère pluraliste

de ce groupe a enrichi la créativité de l’opposition de gauche entre 2004 et

2008. Nous voulons développer encore davantage cette expérience dans le

Parlement européen qui sera élu prochainement.

Face à la crise actuelle, la Gauche européenne est appelée encore plus fortement

à jouer un rôle effectif en mettant en oeuvre des actions politiques

communes contre l’hégémonie politique et culturelle de la droite.

La politique néolibérale de l’UE a été rendue possible, entre autres, par une

version européenne d’une “grande coalition” entre les partis qui représentent

les forces conservatrices européennes et les partis socialistes européens.

Ce consensus est l’un des motifs de la crise politique de la construction

européenne. Il est à l’origine de très fortes contradictions à l’intérieur

des partis sociaux-démocrates.

Le PGE, dans le but d’obtenir un changement et de regagner un espace

politique en Europe, est en compétition contre des partis conservateurs et

libéraux, des partis sociaux-démocrates et verts dans les pays membres et

avec les partis politiques européens correspondants qui s’accrochent à la

logique de la politique européenne actuelle.

Le PGE confirme sa lutte conséquente contre toute tentative des partis

populistes et d’extrême droite à élargir leur influence en Europe.

La crise exige une réponse coordonnée tant au niveau international et

qu’européen. La Gauche européenne défend une politique fondée sur le

développement économique et social, la protection de l’environnement et

qui a pour but la cohésion économique et sociale sur la base de justice

sociale. Au contraire de la stratégie de Lisbonne, nous voulons une stratégie

basée sur les valeurs de solidarité et de coopération, le plein-emploi et

des relations rationnelles avec la nature. Cela n’est possible qu’en changeant

les règles actuelles du système économique et financier international.

S’attaquer aux racines de la crise financière, avec ses conséquences économiques

et sociales, signifie traiter les conséquences dramatiques de la crise

financière, qui portent des dommages terribles à la promotion des capacités

humaines et à un développement réellement durable.

Il est nécessaire de refonder l’Union européenne sur la base de nouveaux

paramètres aptes à faire passer le peuple et les droits avant les profits.

Nous tendons tous nos efforts pour les travailleurs n’aient pas à payer les

crises alors que les banques et la finance sont saines et sauves. La logique

des plans du G7 pour l’Union européenne signifie la privatisation des profits

et la socialisation des pertes.

Toutefois, même la législation actuelle autorise les dépenses prévues pour

un plan d’investissement en faveur de l’emploi, qui soutienne l’économie

réelle et sa restructuration écologique.

En matière de financement, la crise a mis en évidence la part décisive occupée

par le crédit. Le crédit doit être redirigé vers l’économie réelle et les

collectivités, pour l’emploi et les priorités environnementales, dès le niveau

des villes et des régions jusqu’à celui du système de la Banque centrale européenne.

Pour réaliser cette orientation du crédit et de l’argent, nous défendons

un contrôle public et social exercé sur le système financier et bancaire.

Nous réclamons pour le peuple travailleur, et ses organisations et pour les

élus locaux, le droit de contrôle sur l’utilisation des crédits et subventions.

Nous critiquons les objectifs et la politique concrète de la Banque centrale

européenne, son indépendance totale à l’égard de tout organe politique, le

manque de transparence de ses décisions et ses actions. Nous soulignons

qu’il est d’une nécessité urgente que sa politique monétaire doit avoir pour

objectifs essentiels une nouvelle croissance de l’économie et de l’emploi,

ces objectifs étant prioritaires par rapport à la maîtrise de l’inflation.

Pour cette raison, le rôle de la Banque centrale européenne doit être changé

et s’aligner sur les critères de soutien de l’emploi et du développement

social et écologique, au moyen d’un abaissement sélectif de ses taux d’intérêt.

La BCE doit être soumise au contrôle démocratique et public. Ses statuts

doivent être modifiés. Le pacte de croissance et de stabilité doit être

remplacé par un nouveau pacte en faveur de la croissance, du plein-emploi,

de la protection sociale et environnementale.

Il est nécessaire de taxer les transactions financières et les revenus en

Europe et d’abolir les paradis fiscaux. Il est nécessaire également d’établir

une taxation sur les capitaux spéculatifs afin d’alimenter la création d’un

fonds européen.

La taxe Tobin peut être l’outil pour financer des initiatives innovatrices

dans les secteurs ayant fait l’objet d’une communication par les agences

internationales de l’ONU et destinées à réduire les émissions nocives pour

la planète et pour augmenter le nombre des emplois. Ce fonds européen

devrait être en conformité avec les directives et les programmes du

Parlement européen : un genre de “new deal” vert établi par ce Parlement.

Les mouvements des capitaux, en particulier les profits, qui ne sont pas

directement liés à l’investissement et au commerce doivent être soumis au

contrôle et à la taxation.

Les biens publics et les secteurs économiques stratégiques, y compris le

système financier et le crédit, doivent être socialisés (nationalisés), alors

que parallèlement il est nécessaire de reconstruire un système de Sécurité

sociale à l’échelle européenne. La privatisation des services publics doit

être inversée. Il est nécessaire d’augmenter les salaires et les revenus des

travailleurs. Il est nécessaire d’harmoniser le système financier européen,

qui doit être basé sur le principe de la progressivité de l’impôt.

Quant aux nouveaux droits et pouvoirs des employés et des citoyens, ils

devront leur permettre de rompre avec le monopole détenu par les principaux

acteurs du marché sur les informations stratégiques et les décisions

et les revendiquer pour eux-mêmes afin de parvenir à une abdication réelle

du pouvoir politique. La démocratie doit commencer par l’implication des

citoyens eux-mêmes et elle doit s’étendre à toutes les sphères de la vie

sociale.

Des normes européennes de développement durable qui empêchent l’apparition

de la pauvreté doivent remplacer la politique actuelle de dumping

social et environnemental. Étant donné que les règlements de la Cour européenne

de justice constituent des attaques contre les conventions collectives

et les législations du travail, nous soulignons la nécessité de renforcer

les conventions collectives et de remettre en vigueur les droits du travail.

Nous rejetons la directive de l’Union européenne sur la durée du travail qui

permet une flexibilité totale et favorise l’individualisation du travail. Pour

nous, il est essentiel que les durées de travail légales ne dépassent pas 40

heures. Les législations nationales plus favorables doivent être préservées.

Nous exigeons un salaire minimum européen égal à au moins 60 % du salaire

moyen national et qui ne mette pas en danger les conventions collectives.

Un revenu minimum pour les personnes sans emploi, ainsi qu’une retraite

minimum liée au salaire minimum, indexés automatiquement sur les prix,

sont nécessaires pour garantir une vie dans la dignité. Les âges différents de

départ à la retraite doivent être garantis en tenant compte des législations

existant dans les pays membres de l’Union européenne.

Nous exigeons un renforcement des droits des migrants leur permettant

de travailler partout où ils vivent dans l’UE. Une loi sur l’immigration doit

être orientée sur les intérêts des migrants et non sur ceux des employeurs

qui recherchent une main-d’oeuvre bon marché, ce qui oblige des millions

de migrants de travailler clandestinement. Nous refusons toute régulation

ou directive dans l’UE et ses pays membres qui impose l’expulsion. Ce qu’il

faut, c’est une régulation et un permis de travail valable pour la recherche

d’un emploi.

Nous refusons le concept de “flexicurité” inscrit dans la stratégie de

Lisbonne. Nos priorités sont des mesures contre la pauvreté, la marginalisation

sociale et la précarité, pour le travail à plein temps dans des emplois

réguliers, pour l’augmentation des salaires, des retraites et des allocations

sociales. Les impôts doivent être prélevés tant sur les revenus que sur le

capital, permettant une redistribution du haut vers le bas.

L’instruction, la garde et l’éducation des enfants et des adolescents, les soins

nécessités par la maladie et la vieillesse, la santé publique, l’adduction de

l’eau et du tout-à-l’égout, la fourniture d’énergie, les transports publics, les

services postaux, le sport et la culture ne sont pas des biens commerciaux,

mais des services publics relevant de la responsabilité publique. Pour cette

raison, ils ne doivent pas être soumis à la concurrence, qui recherche les

coûts les plus bas et les profits les plus élevés. Nous ne voulons plus de privatisations

de services et de biens publics, mais une “remunicipalisation” ou

une appropriation publique. Nous sommes pour l’existence d’entreprises

publiques fortes et pour l’augmentation des investissements dans l’éducation,

la petite enfance, la santé, les transports publics, le sport et la culture.

Pour nous, les questions sociales et climatiques sont liées. Nous sommes

en faveur d’un développement immédiat et consistant d’un nouveau traité

international conforme au 4e rapport de la Commission intergouvernementale

sur le changement climatique et s’insérant dans le plan d’action de

l’Union européenne de 2007-2009. Nous demandons la mise en application

pleine et entière des obligations promises et signées par l’Union européenne

dans tous les domaines des politiques énergétiques et climatiques. Les

compromis suivants sont un minimum pour ce qui concerne la mise en

application de tous les engagements déjà signés sur la protection du climat.

- Réduire les émissions de 25 % d’ici à 2020 sur la base du niveau de 1990 et

d’au moins 80 % d’ici à 2050.

Augmenter l’utilisation des énergies renouvelables d’au moins 25 % d’ici à

2020.

Réduire la consommation totale d’énergie primaire de 25 % d’ici à 2020

et augmenter l’efficacité énergétique de 2 % par an, y compris en limitant

la consommation par tête d’habitant.

Une obligation d’efficacité doit être introduite pour l’industrie et les producteurs

de marchandises à forte consommation énergétique.

En conséquence, les subventions dans le cadre de l’UE devront être limitées

au secteur favorisant l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Nous sommes contre la réduction du protocole de Kyoto à un système

marchand des quotas d’émissions. Il est nécessaire, pour conclure le traité

Kyoto 2, de mettre en oeuvre une stratégie globale qui permet de réduire

les émissions en rendant le développement plus juste et plus sobre. Un

nouveau paradigme basé sur la coopération, au lieu de la concurrence, est

nécessaire, en commençant par le transfert de technologie vers les pays en

voie de développement, l’invention de technologies propres et de politiques

d’ajustement aux changements climatiques.

L’eau est un bien universel et son accès doit être garanti comme un droit

humain.


II. Vaincre la crise : le peuple avant les profits. Pour une économie sociale et écologique en Europe


La crise exige une réponse coordonnée tant au niveau international et

qu’européen. La Gauche européenne défend une politique fondée sur le

développement économique et social, la protection de l’environnement et

qui a pour but la cohésion économique et sociale sur la base de justice

sociale. Au contraire de la stratégie de Lisbonne, nous voulons une stratégie

basée sur les valeurs de solidarité et de coopération, le plein-emploi et

des relations rationnelles avec la nature. Cela n’est possible qu’en changeant

les règles actuelles du système économique et financier international.

S’attaquer aux racines de la crise financière, avec ses conséquences économiques

et sociales, signifie traiter les conséquences dramatiques de la crise

financière, qui portent des dommages terribles à la promotion des capacités

humaines et à un développement réellement durable.

Il est nécessaire de refonder l’Union européenne sur la base de nouveaux

paramètres aptes à faire passer le peuple et les droits avant les profits.

Nous tendons tous nos efforts pour les travailleurs n’aient pas à payer les

crises alors que les banques et la finance sont saines et sauves. La logique

des plans du G7 pour l’Union européenne signifie la privatisation des profits

et la socialisation des pertes.

Toutefois, même la législation actuelle autorise les dépenses prévues pour

un plan d’investissement en faveur de l’emploi, qui soutienne l’économie

réelle et sa restructuration écologique.

En matière de financement, la crise a mis en évidence la part décisive occupée

par le crédit. Le crédit doit être redirigé vers l’économie réelle et les

collectivités, pour l’emploi et les priorités environnementales, dès le niveau

des villes et des régions jusqu’à celui du système de la Banque centrale européenne.

Pour réaliser cette orientation du crédit et de l’argent, nous défendons

un contrôle public et social exercé sur le système financier et bancaire.

Nous réclamons pour le peuple travailleur, et ses organisations et pour les

élus locaux, le droit de contrôle sur l’utilisation des crédits et subventions.

Nous critiquons les objectifs et la politique concrète de la Banque centrale

européenne, son indépendance totale à l’égard de tout organe politique, le

manque de transparence de ses décisions et ses actions. Nous soulignons

qu’il est d’une nécessité urgente que sa politique monétaire doit avoir pour

objectifs essentiels une nouvelle croissance de l’économie et de l’emploi,

ces objectifs étant prioritaires par rapport à la maîtrise de l’inflation.

Pour cette raison, le rôle de la Banque centrale européenne doit être changé

et s’aligner sur les critères de soutien de l’emploi et du développement

social et écologique, au moyen d’un abaissement sélectif de ses taux d’intérêt.

La BCE doit être soumise au contrôle démocratique et public. Ses statuts

doivent être modifiés. Le pacte de croissance et de stabilité doit être

remplacé par un nouveau pacte en faveur de la croissance, du plein-emploi,

de la protection sociale et environnementale.

Il est nécessaire de taxer les transactions financières et les revenus en

Europe et d’abolir les paradis fiscaux. Il est nécessaire également d’établir

une taxation sur les capitaux spéculatifs afin d’alimenter la création d’un

fonds européen.

La taxe Tobin peut être l’outil pour financer des initiatives innovatrices

dans les secteurs ayant fait l’objet d’une communication par les agences

internationales de l’ONU et destinées à réduire les émissions nocives pour

la planète et pour augmenter le nombre des emplois. Ce fonds européen

devrait être en conformité avec les directives et les programmes du

Parlement européen : un genre de “new deal” vert établi par ce Parlement.

Les mouvements des capitaux, en particulier les profits, qui ne sont pas

directement liés à l’investissement et au commerce doivent être soumis au

contrôle et à la taxation.

Les biens publics et les secteurs économiques stratégiques, y compris le

système financier et le crédit, doivent être socialisés (nationalisés), alors

que parallèlement il est nécessaire de reconstruire un système de Sécurité

sociale à l’échelle européenne. La privatisation des services publics doit

être inversée. Il est nécessaire d’augmenter les salaires et les revenus des

travailleurs. Il est nécessaire d’harmoniser le système financier européen,

qui doit être basé sur le principe de la progressivité de l’impôt.

Quant aux nouveaux droits et pouvoirs des employés et des citoyens, ils

devront leur permettre de rompre avec le monopole détenu par les principaux

acteurs du marché sur les informations stratégiques et les décisions

et les revendiquer pour eux-mêmes afin de parvenir à une abdication réelle

du pouvoir politique. La démocratie doit commencer par l’implication des

citoyens eux-mêmes et elle doit s’étendre à toutes les sphères de la vie

sociale.

Des normes européennes de développement durable qui empêchent l’apparition

de la pauvreté doivent remplacer la politique actuelle de dumping

social et environnemental. Étant donné que les règlements de la Cour européenne

de justice constituent des attaques contre les conventions collectives

et les législations du travail, nous soulignons la nécessité de renforcer

les conventions collectives et de remettre en vigueur les droits du travail.

Nous rejetons la directive de l’Union européenne sur la durée du travail qui

permet une flexibilité totale et favorise l’individualisation du travail. Pour

nous, il est essentiel que les durées de travail légales ne dépassent pas 40

heures. Les législations nationales plus favorables doivent être préservées.

Nous exigeons un salaire minimum européen égal à au moins 60 % du salaire

moyen national et qui ne mette pas en danger les conventions collectives.

Un revenu minimum pour les personnes sans emploi, ainsi qu’une retraite

minimum liée au salaire minimum, indexés automatiquement sur les prix,

sont nécessaires pour garantir une vie dans la dignité. Les âges différents de

départ à la retraite doivent être garantis en tenant compte des législations

existant dans les pays membres de l’Union européenne.

Nous exigeons un renforcement des droits des migrants leur permettant

de travailler partout où ils vivent dans l’UE. Une loi sur l’immigration doit

être orientée sur les intérêts des migrants et non sur ceux des employeurs

qui recherchent une main-d’oeuvre bon marché, ce qui oblige des millions

de migrants de travailler clandestinement. Nous refusons toute régulation

ou directive dans l’UE et ses pays membres qui impose l’expulsion. Ce qu’il

faut, c’est une régulation et un permis de travail valable pour la recherche

d’un emploi.

Nous refusons le concept de “flexicurité” inscrit dans la stratégie de

Lisbonne. Nos priorités sont des mesures contre la pauvreté, la marginalisation

sociale et la précarité, pour le travail à plein temps dans des emplois

réguliers, pour l’augmentation des salaires, des retraites et des allocations

sociales. Les impôts doivent être prélevés tant sur les revenus que sur le

capital, permettant une redistribution du haut vers le bas.

L’instruction, la garde et l’éducation des enfants et des adolescents, les soins

nécessités par la maladie et la vieillesse, la santé publique, l’adduction de

l’eau et du tout-à-l’égout, la fourniture d’énergie, les transports publics, les

services postaux, le sport et la culture ne sont pas des biens commerciaux,

mais des services publics relevant de la responsabilité publique. Pour cette

raison, ils ne doivent pas être soumis à la concurrence, qui recherche les

coûts les plus bas et les profits les plus élevés. Nous ne voulons plus de privatisations

de services et de biens publics, mais une “remunicipalisation” ou

une appropriation publique. Nous sommes pour l’existence d’entreprises

publiques fortes et pour l’augmentation des investissements dans l’éducation,

la petite enfance, la santé, les transports publics, le sport et la culture.

Pour nous, les questions sociales et climatiques sont liées. Nous sommes

en faveur d’un développement immédiat et consistant d’un nouveau traité

international conforme au 4e rapport de la Commission intergouvernementale

sur le changement climatique et s’insérant dans le plan d’action de

l’Union européenne de 2007-2009. Nous demandons la mise en application

pleine et entière des obligations promises et signées par l’Union européenne

dans tous les domaines des politiques énergétiques et climatiques. Les

compromis suivants sont un minimum pour ce qui concerne la mise en

application de tous les engagements déjà signés sur la protection du climat.

- Réduire les émissions de 25 % d’ici à 2020 sur la base du niveau de 1990 et

d’au moins 80 % d’ici à 2050.

Augmenter l’utilisation des énergies renouvelables d’au moins 25 % d’ici à

2020.

Réduire la consommation totale d’énergie primaire de 25 % d’ici à 2020

et augmenter l’efficacité énergétique de 2 % par an, y compris en limitant

la consommation par tête d’habitant.

Une obligation d’efficacité doit être introduite pour l’industrie et les producteurs

de marchandises à forte consommation énergétique.

En conséquence, les subventions dans le cadre de l’UE devront être limitées

au secteur favorisant l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Nous sommes contre la réduction du protocole de Kyoto à un système

marchand des quotas d’émissions. Il est nécessaire, pour conclure le traité

Kyoto 2, de mettre en oeuvre une stratégie globale qui permet de réduire

les émissions en rendant le développement plus juste et plus sobre. Un

nouveau paradigme basé sur la coopération, au lieu de la concurrence, est

nécessaire, en commençant par le transfert de technologie vers les pays en

voie de développement, l’invention de technologies propres et de politiques

d’ajustement aux changements climatiques.

L’eau est un bien universel et son accès doit être garanti comme un droit

humain.


La protection de la nature et le développement de ressources renouvelables,

la transformation de nos paysages, ainsi qu’un approvisionnement

alimentaire sécurisé sont des défis existentiels. Nous exigeons qu’au sein

de l’Union européenne on se mette d’accord sur les normes environnementales

les plus élevées, contribuant à sauver la biodiversité pour les

générations futures (des mesures rapides pour la réduction des déchets et

la protection de l’eau, des opérations de reboisement et d’opposition à la

désertification, etc., doivent être incluses dans les stratégies et les politiques,

en particulier dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie et de la

protection du climat).

Nous luttons pour une révision fondamentale de la politique agricole commune

de l’Union européenne (PAC). Elle doit être orientée sur le droit des

peuples, partout dans le monde, de décider eux-mêmes de leur politique

agricole, dans le total respect de l’environnement.

Nous sommes opposés à toute réforme de la politique agricole commune

de l’Union européenne qui mettrait en question les politiques agricoles

publiques. Nous exigeons que l’agriculture ne devienne pas un objet soumis

aux négociations de l’OMC et nous sommes opposés à ce que l’agriculture

devienne un terrain de manoeuvres pour les acteurs néolibéraux et les

mesures libérales à travers le monde. Nous soutenons l’exigence de la souveraineté

alimentaire.

Cela signifie donner la priorité à la production agricole locale, à la qualité

des aliments, sans contraindre les producteurs à porter leurs produits sur

le marché mondial. L’accès à la terre, aux semences, à l’eau et au crédit doit

être régulé dans le cadre d’une réforme agraire réelle en Europe et sur les

autres continents.

Nous exigeons une politique globale de développement rural : le développement

d’opportunités de productions agricoles et d’emploi doit constituer

le critère central du développement des campagnes, par l’application

de politiques basées sur le secteur, le soutien à la biodiversité agricole et

l’emploi rural, en particulier pour les jeunes et les femmes. Des subventions

devront être accordées sur des critères économiques, sociaux et

environnementaux, et non pas au profit de grands producteurs dans certains

secteurs. Partant de cela, la distribution du budget de la PAC doit être

réorientée, notamment pour répondre aux besoins des zones rurales.

L’agriculture du XXIe siècle doit avoir un aspect multifonctionnel : protection

du matériel de reproduction végétale, garantie du droit des paysans

d’avoir leurs propres semences, application de programmes de développement

et interdiction de l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés

(OGM) pour la production d’aliments et de produits alimentaires, défense

et valorisation des appellations d’origine, y compris sur les marchés non

européens.

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