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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 09:23
« En tant que président de la République, je ne peux pas accepter qu’une organisation syndicale irresponsable casse le service public. »
Lors de ses vœux aux « forces économiques » à Vesoul, le chef de l’État a fustigé les événements de la gare Saint-Lazare. Profitant de la polémique, l’UMP deposera une proposition de loi

HAUTE TENSION À LA SNCF

Blocage total du trafic, évacuation et fermeture toute la journée d’une gare qui accueille quotidiennement quelque 400 000 voyageurs : s’ajoutant à une série déjà longue de dysfonctionnements touchant la SNCF, les événements survenus mardi à Paris-Saint-Lazare, sur fond de conflit social, resteront sans doute longtemps dans les annales. Surfant sur la vive émotion suscitée dans l’opinion publique, plusieurs responsables politiques ont saisi l’occasion pour désigner l’entreprise publique à la vindicte et s’en prendre à ses personnels.
Le chef de l’État est monté au créneau, hier, lors du Conseil des ministres, pour « demander à la SNCF d’indemniser les voyageurs et de s’excuser auprès des usagers  ». Le président du Modem, François Bayrou, a jugé que les « personnels de la SNCF et des entreprises de transport, comme à Marseille, devraient réfléchir au tort que ça leur fait », tandis que le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, se demandait s’il n’y avait « pas d’autres moyens pour protester  ».

UNE « CHASSE AUX SORCIÈRES » INSTAURÉ PAR LA DIRECTION

L’amalgame était fait, dans ces réactions, entre deux événements distincts : d’un côté, l’agression, lundi soir, en gare de Maisons-Laffitte, d’un conducteur de la ligneA du RER, qui a provoqué un arrêt de travail spontané des cheminots, amenant les responsables de la gare Saint- Lazare à en fermer les accès par mesure de sécurité ; de l’autre, le mouvement de grève mené depuis un mois par des conducteurs dans ce même secteur de Paris-Saint- Lazare. Pas de lien entre les deux, pour les dirigeants de la SNCF, alors que, pour le syndicat SUD rail, au contraire, l’agression s’inscrit dans le climat de « chasse aux sorcières  » instauré par la direction autour de ce conflit. Selon Lionel Jorand, délégué de SUD, le conducteur attaqué a d’ailleurs été traité de « sale gréviste ».

Ces événements sont en tout cas révélateurs du haut niveau de tension atteint dans les relations sociales à la SNCF. À l’origine, des conducteurs qui contestent les conditions dans lesquelles l’entreprise a décidé, mi-décembre, de mettre en place de nouveaux horaires et d’augmenter le nombre de trains sur la région Ouest. Faute d’une augmentation des effectifs, ils dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail, mettant aussi en jeu la sécurité des usagers.
Mais ils se heurtent d’emblée à une direction intransigeante, qui, de surcroît, se livre à des provocations envers les grévistes, insinuant, par exemple, qu’ils voulaient, en cessant le travail, passer Noël en famille. Le 31 décembre, face à la détermination des conducteurs, soutenus par la CGT, la FGAAC, SUD et FO, la direction recule et met sur la table un protocole prévoyant la formation de 72 conducteurs en 2009, et, en attendant, le renfort de 52 agents de conduite venant de province. La CGT consulte ses syndiqués qui, forts de ces « avancées », décident d’interrompre le mouvement. SUD, la FGAAC et FO appellent, eux, à la poursuite de la grève. Jusqu’au drame de lundi dernier, qui bouleverse la donne. Devant l’émoi général, la direction décide simultanément de renforcer les effectifs de la surveillance générale (de 205 à 225 agents) en charge de la sécurité, et offre de former 12 conducteurs supplémentaires, qui s’ajoutent donc aux 72 déjà concédés. Dans la soirée de mardi, les cheminots décidaient de reprendre le travail.

LA SNCF EST DE PLUS EN PLUS COMME UNE ENTREPRISE PRIVÉE

Restent les interrogations sur la longueur et l’acuité de ce conflit. Difficile de s’en tenir, comme l’a fait la direction, à la seule thèse d’une « surenchère » entre syndicats dans la perspective d’élections professionnelles, prévues dans deux mois. L’ensemble des syndicats s’accordent à mettre en cause une stratégie patronale, guidée par l’ouverture à la concurrence (prévue en 2012), conduisant la SNCF à se conduire de plus en plus comme une entreprise privée, à comprimer à tout prix les moyens humains et matériels, au détriment du service public et des conditions de travail des cheminots. Tandis que l’État poursuit son désengagement financier.

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