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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 17:39
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« Nicolas Sarkozy doit maintenant se rendre à l’évidence et prendre acte de l’immense protestation qui s’exprime dans tout le pays contre sa politique ultra-réactionnaire. »

M. Nicolas Sarkozy ne pourra plus déclarer comme il l’a fait le 6 juillet dernier en bombant le torse que « désormais quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit ».

Après avoir tout fait depuis plusieurs jours avec ses ministres pour empêcher cette forte mobilisation, il doit maintenant se rendre à l’évidence et prendre acte de l’immense protestation qui s’exprime dans tout le pays contre sa politique ultra-réactionnaire. Qu’une telle mobilisation soit possible alors que les périodes de crise tendent à pousser les individus au repli est tout à fait symptomatique. Près de 70% de nos concitoyens ont soutenu ce mouvement.

Que le pouvoir ne tente pas de détourner le sens de cette journée. Du plus petit village jusqu’à Paris, les salariés, les retraités, les privés d’emplois et les précaires, qu’ils soient du secteur public ou privé, des petites et moyennes entreprises se sont fait entendre avec une force que nous n’avions pas connue depuis très longtemps.

En quelque sorte, pour la première fois depuis le règne de M. Sarkozy, le peuple a voulu dresser un barrage sur le chemin de sa contre-révolution néo-conservatrice. Il a fait entendre sa colère et sa révolte face aux injustices criantes dont il est de plus en plus l’objet. « Ce n’est pas à nous de payer leur crise » est sans doute la phrase la plus entendue dans les cortèges.

Les efforts, toujours pour les mêmes

Cette idée est devenue majoritaire dans le pays. Cela fait en effet des décennies qu’on demande au monde du travail, aux retraités, aux assurés sociaux de faire des sacrifices prétendument pour que ça aille mieux demain. Or, ce que vit chaque famille populaire c’est qu’au bout des sacrifices, il y a encore des sacrifices pour le plus grand nombre. Par contre des privilèges accrus pour une minorité et la crise qui ne cesse de s’aggraver. Les revenus du travail n’ont cessé d’être abaissés. Le nombre de pauvres augmente. Des centaines de milliers de personnes n’ont pas accès à un logement décent. Un certain nombre d’entre eux meurent dans les bois et dans les rues en ce début du 21ème siècle.

Le pouvoir demande toujours des « efforts » aux mêmes alors que les profits des entreprises cotées en Bourse et ceux des banques n’ont cessé d’exploser. C’est précisément ce transfert de plus en plus grand des richesses produites par le travail vers le capital qui est la cause fondamentale des maux de la société capitaliste. La conscience de cette réalité grandit. La puissance exceptionnelle de ce 29 janvier en est un des symptômes.

Il faut remonter loin dans le temps pour retrouver une telle unité, une telle volonté d’être « tous ensemble ».

C’est aussi la première fois depuis des décennies qu’un tel mouvement a lieu à l’appel de tous les syndicats réunis sur la base d’une plate-forme revendicative d’une grande qualité. Celle-ci montre, à juste titre, que c’est le progrès social, l’efficacité sociale qui seront génératrices d’efficacité économique et non l’inverse.

Ainsi, le peuple en mouvement se trouve frontalement en opposition avec les politiques actuelles de compression du pouvoir d’achat, de laisser-faire en matière de licenciement, de saccage des services publics, et de mise en cause de tout ce qui constitue l’architecture française en matière d’éducation, de recherche, de culture ou d’information.

Au-delà d’un mouvement revendicatif bien justifié, ce mouvement est une véritable révolte contre un système indécent, injuste, irresponsable, allant à l’encontre de l’intérêt général de la société et du monde et qui n’a cessé de favoriser les forces de l’argent. Sans trop exagérer, on peut dire qu’il constitue un mouvement contre le capitalisme mondialisé et les gouvernants, le grand patronat, les banquiers qui le promotionnent.

C’est la première fois aussi, et nous nous en félicitons, que les forces de gauche et progressistes apportent à l’unisson leur soutien à ce mouvement. Reste maintenant à construire un rassemblement solide, durable, efficace de cette gauche pour donner un débouché politique crédible et efficace aux demandes populaires.

Ce débouché politique passe par des réformes structurelles progressistes, élaborées avec les citoyens eux-mêmes, rassemblés dans leur volonté de transformer la société, l’Europe et le monde. Refonder le capitalisme ou l’aménager ne ferait que reproduire ce qui nous a conduits dans le mur.

Dans l’immédiat, il est indispensable de porter le débat sur l’utilisation des 420 milliards d’euros d’argent public que le pouvoir sarkozyste compte distribuer aux banques et à quelques grandes entreprises. Cet argent doit servir non pas à consolider les profits des grandes entreprises et du secteur bancaire, mais à répondre aux urgences sociales. Il doit servir à peser en faveur d’une augmentation du SMIC et des bas salaires, des prestations sociales et à une nouvelle utilisation du crédit de manière sélective, pour peser dans le sens du maintien de l’emploi et du développement d’investissements utiles pour l’avenir.

Il faut maintenant arrêter toutes les fermetures de services publics envisagées et faire cesser le projet de suppression d’un emploi salarié sur deux des secteurs publics. Dans toutes les régions et les départements, doivent être mis en place des dispositifs pluralistes de contrôle de l’argent public, de telle sorte qu’il serve bien l’emploi, l’activité des PME et la vie des collectivités territoriales.

Le mouvement du 29 janvier bouleverse déjà le paysage social et politique de la France. D’autres pays européens connaissent également de fortes mobilisations sociales sur les mêmes thèmes que chez nous. Les salariés ont pu vérifier qu’ils sont forts quand ils ne sont pas divisés ou isolés. C’est aussi vrai à l’échelle du continent européen. Ceci appelle de nouvelles convergences de luttes et de nouveaux rassemblements.

Cette action unie doit maintenant se poursuivre pour obtenir des résultats. Le Président de la République et le gouvernement doivent entendre la voix du peuple. Ils pourraient notamment réunir d’urgence une conférence nationale associant l’Etat, les organisations syndicales et le patronat pour l’amélioration du pouvoir d’achat et l’augmentation des salaires, l’emploi, les services publics, l’amélioration de la protection sociale et des retraites.

Il en va de l’intérêt général. Il en va des atouts que notre pays doit se donner pour faire reculer la crise

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