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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 21:18
Le chômage submerge les jeunes des cités. Depuis quelques mois, la situation s’aggrave. Le désespoir gagne du terrain. Le feu couve.
Dans l’Humanité vendredi, reportage : témoignages recueillis à Gennevilliers. Analyse : le plan Hirsch apporte-t-il une réponse ?

« Sur les trois premiers mois de cette année, nous avons accueilli 924 jeunes dont les deux tiers ont un niveau égal ou inférieur au BEP ou CAP. 67 sont entrés en emploi. L’an dernier à la même époque, ils étaient 123. » Ce constat amer tiré par Valia Robin, directrice de la mission locale de Bagneux, Clamart, Malakoff (Hauts-de-Seine) ne fait que confirmer les chiffres terrifiants révélés récemment par le site Médiapart : dans les zones urbaines sensibles (ZUS), le nombre de jeunes inscrits au chômage a progressé de 57,2 % entre janvier 2008 et janvier 2009, et doublé (+ 104 %) pour les diplômés bac + 3 ou plus. Chiffres non officiels, mais à Gennevilliers, Michel Defrémont, qui dirige la mission locale, a vu, depuis janvier, « revenir massivement les jeunes qui étaient en CDD et en intérim, surtout les jeunes sans qualification, mais aussi ceux que nous pensions tirés d’affaire, installés durablement dans l’emploi ».

Le modèle républicain ébranlé

Les deux professionnels sont d’accord. Ils vérifient depuis longtemps que les jeunes des quartiers populaires connaissent massivement le chômage et que, depuis quelques mois, tous les indicateurs montrent une dégradation de la situation. « Déjà, en période normale, ces jeunes ne sont pas bien lotis. Mais là, c’est inquiétant. Ces six derniers mois, sur 216 personnes ayant trouvé un emploi, 33 seulement ont une durée supérieure à six mois », précise Michel Defrémont. Depuis une dizaine d’années, l’accès au CDI diminue inexorablement, au bénéfice de l’intérim, des contrats courts. L’accès à l’emploi stable se fait de plus en plus tard. « Du coup, tout se complique pour ces jeunes : la décohabitation, la mise en couple, ce qu’on appelait hier entrer dans la vie, tout simplement. » Parallèlement au rétrécissement de l’offre d’emploi, les deux responsables s’inquiètent d’une hausse du niveau d’exigence parfois totalement décalée par rapport à la réalité des postes. Valia Robin n’en revient pas : « Aujourd’hui, même pour des postes non qualifiés, on leur demande lettre de motivation, CV, et de se présenter à la façon de cadres aguerris. Il y a comme un hiatus. » Surtout quand on sait que 70 % de la population accueillie dans la mission a au mieux le niveau CAP ou BEP. Mais pour les 6 % qui sont détenteurs d’un bac + 2 ou plus, la situation est tout aussi sombre. Ces jeunes diplômés des quartiers populaires manquent cruellement de « relations », d’un réseau professionnel. Ils ne connaissent pas le monde de l’entreprise et subissent, du coup, les discriminations de plein fouet. Les patrons locaux n’imaginent même pas que gens compétents comme eux habitent les cités. Cette frange de la population des ZUS est mince mais fortement emblématique, selon Michel Defrémont : « ils ont joué le jeu de l’ascension sociale par les études. Ils ont réalisé jusqu’alors un parcours sans faute, l’attente et la pression de la famille s’exercent fortement. Et patatras, ça ne marche pas. C’est terrible parce qu’en miroir, pour leurs pairs, c’est tout le modèle républicain qui est ébranlé. »

« Il y a de quoi s’inquiéter »

Plus grave encore à leurs yeux, les jeunes ont intériorisé les difficultés. Pour Valia Robin, « beaucoup de jeunes arrivent désespérés. Ce sentiment est très fort, il démobilise énormément. C’est difficile pour un jeune englué dans les difficultés, dans les discriminations, sans qualification, méconnaissant les codes des entreprises, de mettre en place un projet d’adulte enthousiasmant ». Michel Defrémont parle de « phénomène de découragement », de jeunes qui « pètent les plombs ». « Il y a aussi ceux qui arrivent à 11 h 30, dans un état proche de l’anomie. Ils ont complètement intériorisé la crise, ils ont baissé les bras. Au niveau social, dans les banlieues, il y a de quoi s’inquiéter, ça peut péter. Le contexte général est très violent, ils sont en échec, on ne leur parle que de délinquance, de bandes, ce n’est pas sain du tout. » Valia Robin ajoute : « En fait, ça brûle dans les quartiers, mais sans flamme. C’est silencieux, individualisé. Tout jeune est renvoyé à ses responsabilités, à son incapacité à trouver du travail. Toute la violence de ces jeunes se retourne contre eux : ils pètent les câbles. La violence sociale qui s’exerce contre eux est énorme. » Restent les équipes des missions locales, qui se battent avec les jeunes, et refusent de les considérer seulement comme une charge ou un risque mais comme une opportunité. On n’ose à peine dire comme une promesse pour l’avenir.

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Parti communiste du Gard
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chareyron 09/04/2009 23:32

Les machines tuent le travail et les cotisations S.S. il faut tuer les robots. Il n'y aura plus de classes pour l'école. Les logiciels viendront à la maison, et on achétera ses diplomes aux américains dans dix ans. Les robots valent des dizaines de millions d'euros au mètre carré. Le bénéfice va dans la PUB le reste aux grosses armes de guerre. A quand arréter ces conneries.

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