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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 10:48

1021 W400JEUUne réforme territoriale pour les citoyens et non la finance.

La réforme territoriale de 2010 est le cheval de Troie d’une déconstruction de la République. Conjuguée à l’austérité imposée aux collectivités, à la « règle d’or » et aux prétentions des détenteurs de la dette d’Etat –les marchés financiers-, elle sert de prétexte à une réduction drastique du nombre et des capacités de service public dans les territoires et les intercommunalités de projet.

 Répondre à la gravité des crises économiques et démocratiques, exige à l’inverse l’instauration d’une VIème République permettant aux citoyens de reprendre le pouvoir sur la finance. C’est aux citoyens de décider ce que seront nos institutions dans un processus d’Assemblée Constituante. 

Nous préconisons l’abandon de la toute-puissance présidentielle, une réforme territoriale ambitieuse qui réponde aux défis humains et démocratiques : Un Etat garant de l’égalité des droits sur tout le territoire,  le maintien de la Commune, échelon de référence de la citoyenneté des individus, du Département, échelon des solidarités sociales et territoriales et de la Région, échelon des grands projets structurants.

Cela suppose le maintien de leur compétence générale, des coopérations librement consenties décidées par les élus et les citoyens, une réforme de la fiscalité mettant à contribution les entreprises, taxant la spéculation et permettant une réelle libre administration des collectivités, la généralisation de la démocratie participative.

 

 

 

OUVRIR UN AUTRE CHEMIN

 

D’abord abroger la loi du 16 décembre 2010.

Cette réforme ultra-libérale n’est pas là pour s’opposer au prétendu « mille feuilles institutionnel » mais pour répondre au mieux à la feuille de route édictée par le traité de Lisbonne, le livre vert sur les collectivités locales et le pacte Euro plus.

Bien loin de clarifier l’architecture des collectivités et de l’Etat, elle s’avère être au final une remise en cause brutale de la décentralisation, en se conjuguant avec l’austérité pour les populations et les collectivités.

Son but est en réalité de s’attaquer à tout ce qui fait résistance à la mainmise du privé et de la finance sur les territoires : La démocratie locale, la commune, le département, les coopérations inter collectivités  librement consenties, les élus (leur nombre et leur pouvoir).

Partant de la suppression du Conseiller territorial, votée par le Sénat, il nous faut maintenant aller à l’abrogation de toute la loi.

 

Une VIème République !

Les institutions actuelles ont éloigné le pouvoir du peuple, provoquant une grave crise démocratique. L’abstention bat des records. La vie politique tend à se réduire à une compétition présidentielle opposant tous les cinq ans des candidats qui se distingueraient avant tout par leur style personnel. Entre deux élections, le pouvoir gouverne sans le peuple, voire contre lui. Dans cette situation, les intérêts privés les plus puissants s’en donnent à cœur joie. C’est l’oligarchie qui gouverne. Pour restaurer une démocratie véritable, il est temps de fonder une nouvelle République.

 

Ouvrir une autre voie !

Convocation d’une Assemblée Constituante : un processus constituant sera engagé mettant au cœur l’engagement citoyen et un grand débat public. Le projet de constitution nouvelle sera soumis à référendum populaire. Il prévoira notamment la proportionnelle, la parité pour toutes les élections, la citoyenneté de résidence.

Changer la logique européenne

Il est essentiel en outre de s’affranchir du carcan de la concurrence « libre et non faussée », du traité de Lisbonne, du pacte euro plus et de négocier un nouveau traité rendant possible une sortie de crise et une autre Europe fondée sur les coopérations et le développement des services publics.

 

Favoriser une implication citoyenne permanente, à tous les niveaux institutionnels. 

Nous estimons urgent d’instituer une Assemblée Nationale et un Sénat rénovés, libérés de la toute-puissance présidentielle, réellement en possession du pouvoir législatif et budgétaire ; le non-cumul des mandats ; un statut de l’élu et un statut du bénévole garantis ; la reconnaissance de la citoyenneté d’entreprise.

 

 

LA NOUVELLE REFORME TERRITORIALE

 

Au sein de cette VIème république, les collectivités sont des espaces démocratiques à repenser. La nouvelle réforme territoriale doit être de bout en bout inspirée par le partage des pouvoirs et des responsabilités, avec un essor sans précédent de la participation citoyenne. Ce partage du pouvoir doit s’appuyer sur une information la plus large de tous sur les enjeux, les perspectives et les choix à opérer, pour que démocratie représentative et participative puissent se conjuguer dans un mouvement interactif permanent.

 

Loin de se réduire à ses fonctions régaliennes, l’Etat doit être garant de l’égalité des citoyens

Contre toutes les visées affairistes, de mise en concurrence des territoires, l’Etat doit être le garant de l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire (principe général de responsabilité en matière d’organisation du territoire.)

- Egalité de traitement et d’accès aux biens communs et services publics,

- Continuité territoriale reconstruite dans le cadre d’un redéploiement de grands services publics nationaux décentralisés (santé, éducation, transports, sports, de tarification solidaire, etc.…), prenant en charge de nouveaux champs comme la petite enfance, le logement, l’eau, l’énergie…Ces Services publics nationaux doivent faire l’objet d’un co-pilotage clairement défini avec chaque niveau de collectivité.

- Répartition équitable des financements nationaux pérennes en direction des collectivités territoriales pour leurs missions générales. Les péréquations entre collectivités sont loin de convenir, à elles seules, pour rétablir la justice fiscale.

- Accès démocratisé pour les collectivités aux fonds européens (actuellement sous tutelle du gouvernement français).

- Consolidation des statuts des trois fonctions publiques.

 

Le citoyen au cœur de la décentralisation

La Commune non seulement ne doit pas disparaître mais doit rester le territoire référent historique d’exercice de la citoyenneté ! Nulle part ailleurs existe ce lien direct du citoyen avec les élus et avec la République. Le même principe implique le maintien des deux autres niveaux de collectivités : le Département, qui ne doit pas être fusionné avec la Région mais conforté dans son rôle de vecteur des solidarités, et la Région, confirmée comme collectivité chargée des grands projets structurants.

Ces trois niveaux, leur existence même, sont menacés par la réforme et par les visées affairistes des grands groupes. C’est le Medef qui déclare que les départements sont de trop !

Nous proposons donc que la décentralisation soit organisée en fonction du principe de proximité permettant d’optimiser les décisions publiques dans le sens d’une plus grande satisfaction de l’intérêt général, tout en définissant le rôle des différents échelons territoriaux en France et en Europe.

 

La coopération oui, mais librement consentie !

Cette organisation refusera la mise en concurrence des territoires, et les regroupements forcés. Elle s’appuiera sur le développement des coopérations volontaires et librement consenties des projets partagés. La création des structures intercommunales relève de l’initiative exclusive des élus et est validée à chaque échelon par les citoyens. La constitution nouvelle assurera le recours à l’avis direct des citoyens concernés et l’obligation démocratique de consultation pour toute modification structurelle lourde d’échelon ou de compétence territoriale.

 

La compétence générale ! Pas de réelle décentralisation, de libre administration des collectivités sans elle !

Si des échelons sont désignés comme têtes de file sur un certain nombre de compétences (sans primauté d’une collectivité sur une autre), le principe de la clause de compétence générale est essentiel et doit rester effectif pour l’ensemble des collectivités. Cette clause répond en effet à la nécessité pour chaque collectivité de pouvoir défendre en toute circonstance et en tout domaine les intérêts généraux de la population et de son territoire, à partir de choix politiques portés par les élus qu’ils se sont donnés. Elle est essentielle pour maintenir la possibilité de financements croisés.

 

Métropoles : le droit à la ville :

Les grandes agglomérations nécessitent une réflexion nouvelle pour lutter contre les ségrégations sociales et géographiques. Les métropoles réussies ne doivent pas être au service de pôles, de cluster financier, mais profitables à tous. Elles peuvent contribuer à un vrai droit à la ville. Elles ne peuvent ni effacer, ni supplanter les collectivités dans leur responsabilité et ne sont en aucun cas des collectivités de plein droit.

 

 

Des moyens financiers pour les collectivités !

Elles sont responsables de plus de 70% des investissements publics du pays. Elles sont bien gérées, vecteurs d’innovation, de développement économique et social, de développement de l’emploi, de vitalité du service public. Les asphyxier, c’est alimenter le cercle infernal austérité/récession.

Au contraire, leur bonne santé est un facteur anti-crise déterminant.

Nous nous opposons à la volonté du gouvernement de réduire de façon drastique les effectifs dans la fonction publique territoriale, au nombre aujourd’hui d’1,9 millions d’agents. Ceux-ci ne sont pas une variable d’ajustement de la « règle d’or ». Au  contraire, le développement des services publics exige le développement de l’emploi stable, de la formation et la résorption de la précarité.

 

Respecter vraiment l’autonomie financière, le principe de libre administration des collectivités : Une réforme ambitieuse de la fiscalité locale !

La mise à plat des transferts de charges  insuffisamment compensés de l’Etat vers les collectivités.

Le pouvoir fiscal pour les collectivités de lever l’impôt doit être rétabli à un niveau significatif dans le cadre d’une réforme globale de la fiscalité.

Un impôt économique plus dynamique, lié au territoire et à l’emploi.

La suppression de la Taxe professionnelle a permis de faire cadeau de 4 milliards d’euros aux entreprises, sans bénéfice pour l’emploi. Il faut élargir l’assiette d’imposition d’une taxe sur les entreprises en faveur de l’emploi et du développement solidaire des territoires (en modulant les taux en fonction du ratio masse salariale/valeur ajoutée) et en taxant les actifs financiers à 0,5%. Les taxer à 0,5% rapporterait 30 milliards d’euros.

Les dotations de l’Etat doivent être revalorisées et réparties selon des critères sociaux, les impôts des ménages  remaniés vers plus de progressivité, de justice et d’efficacité, en prenant en compte réellement les revenus et l’utilisation réelle des habitations.

Une mesure urgente et décisive : la création d’un pôle financier public.

A l’opposé des pratiques de prêts usuraires et spéculatifs, nous proposons la création d’un pôle financier public, sous pilotage et contrôle démocratique, dégagé des seuls critères de rentabilité immédiate (prêts à taux faibles et de longue durée). Ce pôle public, articulé à des fonds régionaux, permettra le financement du développement local et de l’emploi, il œuvrera à des coopérations avec les banques d’autres pays de l’Union et devra s’appuyer sur une Banque Centrale Européenne aux missions refondues, sous contrôle du Parlement européen et des Parlements nationaux.

 

La généralisation de la démocratie participative

Consultations régionales, collectifs ou conseils de cantons, élaboration de projets communaux et intercommunaux, conseils de quartiers, référendums locaux, co-construction des budgets… autant d’outils indispensables qui pourraient utilement être confortés et généralisés par la Loi, pour valoriser l’intervention citoyenne, permettre l’expression et la prise en compte des mobilisations des habitants et le contrôle de la mise en œuvre des politiques décidées.

 

 

 

 

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