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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 19:10

pierre-laurent-pc 120Faire de notre congrès des 18, 19 et 20 juin prochains un congrès d’initiatives et d’actions, voilà ce que nous avions décidé en lançant sa préparation. Cette ambition est plus nécessaire que jamais. Sur la base du débat maintenant largement engagé, le moment est donc venu de préciser les décisions que notre congrès pourrait discuter, enrichir et adopter pour aider notre peuple à résister à la politique de Nicolas Sarkozy et à faire face aux échéances politiques à venir.

Réévaluons d’abord la situation qui n’a cessé d’évoluer depuis la sévère défaite de la droite aux élections régionales de mars dernier.

 

Premier constat, le besoin d’alternative au pouvoir de Nicolas Sarkozy est de plus en plus ressentie comme une urgence par des millions de nos concitoyennes et de nos concitoyens. C’est ce qui va déterminer leurs choix dans les mois à venir et jusqu’en 2012. La crise dans laquelle est entré le système capitaliste à l’été 2008 ne cesse de s’amplifier avec de terribles conséquences sur la vie d’un nombre croissant de jeunes en situation de précarité, de travailleurs de toutes conditions, de retraités. Les peuples souffrent, et il est devenu clair que c’est pour nourrir des gâchis financiers de plus en plus faramineux. Alors que les dogmes ultralibéraux qui sont l’essence des traités actuels de l’Union européenne mènent tout droit à la récession, les gouvernements de l’UE en remettent une couche en imposant des purges d’austérité de plus en plus brutales pour financer les engrenages spéculatifs. En France, le pouvoir se révèle au service exclusif des possédants. Il foule au pied l’intérêt général. Si on laissait faire le gouvernement Sarkozy, tout serait sacrifié, tout y passerait, comme on le voit avec les retraites, la mise en pièce de la démocratie locale ou encore l’école comme le montrent les dernières directives gouvernementales. C’est insupportable. Tout nous ramène donc à cette première urgence essentielle : résister et stopper au plus vite cette machine infernale ; sortir de ces logiques en ouvrant la voie à une nouvelle ère de transformations progressistes politiques, sociales et démocratiques.

 

Deuxième constat, si le rejet de la politique Sarkozy est grandissant, s’ il y a dans le pays de la colère et de l’écoeurement, si notre peuple n’est pas résigné, ni socialement, ni politiquement, et n’a pas abdiqué ses valeurs d’égalité, de solidarité, de fraternité, il doute de la politique et de la gauche pour changer la vie. Et il est vrai que les conditions d’une alternative politique, réussie, à la hauteur des enjeux de la crise actuelle, sont loin d’être réunies. Les échéances politiques de 2012 se présentent sous un jour contradictoire. Elles peuvent aussi bien ouvrir la voie à cette alternative, c’est à dire à une majorité politique susceptible de mettre en oeuvre une politique de rupture progressiste, soit refermer cette possibilité, en étouffant le nécessaire débat de projet à gauche dans la mécanique présidentialiste, au prétexte que seul compte l’objectif de battre Nicolas Sarkozy. C’est le second défi à relever : faire dominer le débat que l’on va tenter d’étouffer. Comment construire une alternative gagnante à la droite sarkozyste, qui permette à une nouvelle majorité politique présidentielle et législative de mettre en oeuvre un réel projet de sortie de crise pour les millions de salariés qui en paient aujourd’hui le prix ? Aujourd’hui, le projet politique du PS, qui maintient l’ambiguïté entre un discours plus à gauche et son refus de ruptures fortes, et celui d’Europe Ecologie, qui n’offre aucune cohérence de transformation, sont loin d’être à la hauteur de cette question. Le Front de gauche, dont le Parti communiste a pris l’initiative, a soulevé un espoir prometteur, mais sa démarche n’est pas encore assez populaire, pas assez crédible pour toutes celles et ceux qui doutent de la politique et de la gauche. C’est pour cela que nous paraît nécessaire une nouvelle phase du Front de gauche, beaucoup plus ambitieuse, et tournée vers toutes ces femmes et ces hommes de gauche qui cherchent l’issue. La dynamique à créer est possible, à condition d’énoncer clairement l’objectif que nous nous fixons, une majorité politique sur un contrat de changement clair ; à condition dans le même temps de dégager les voies concrètes de cette construction. Il faut donc décider avec netteté quelles initiatives prendre, quels chemins ouvrir, quelles dynamiques de rassemblement enclencher qui rendront peu à peu crédible la perspective d’un très large rassemblement politique à gauche, d’une majorité politique de changement.

Le Front de gauche doit plus que jamais apparaître et vivre comme un processus de rassemblement ouvert susceptible d’initier d’ici 2012 un nouveau Front populaire qui mette en tous domaines au coeur de son projet ce principe, « contre les marchés financiers, l’humain d’abord ». Nous voulons mettre ce principe au coeur de la gauche. C’est cette démarche qui nous a fait gagner en 2005, c’est celle qui peut nous faire gagner en 2012. Il ne s’agit donc pas de figer la division de la gauche, de structurer un parti de l’autre gauche. Nous voulons unir et rassembler les femmes et les hommes de gauche dans leur diversité sur un contrat de changement. Le Front de gauche peut être le porteur de cette ambition, le chemin de ce rassemblement s’il vise bien cet objectif de nouveau Front populaire.

 

Comment y parvenir ? Notre Congrès pourrait décider de prendre l’initiative dans trois directions :

- D’abord, donner le signal d’une résistance amplifiée et immédiate, sans attendre 2012, pour enrayer les logiques destructrices du gouvernement. Dans trop de domaines, le point de non retour peut être atteint. D’ ici 2012, notre pays doit entrer en résistance en répondant coup pour coup aux projets du gouvernement. Notre Congrès devrait lancer un appel qui alerte sur l’ampleur des dégâts désormais atteints, refuse leur banalisation et invite à un élan nouveau de mobilisation nationale pour dire stop à toute nouvelle destruction. Cet appel devrait s’adresser à tous les femmes et hommes attachés aux valeurs de notre pays, à toutes les forces politiques et sociales de gauche pour dire ensemble : non, d’ici 2012, Sarkozy n’avancera plus. Notre congrès pourrait dans ce cadre décider de nouvelles initiatives pour la défense du droit à la retraite durant l’été et à la rentrée. Nous pourrions également décider d’engager une mobilisation de même ampleur sur l’école en vue de la rentrée scolaire où les attaques du gouvernement sont maintenant globales et visent à dynamiter tout le système éducatif. La casse systématique de tous les services publics et la réforme des collectivités territoriales appellent aussi des mobilisations renforcées. Enfin dans le cadre de la préparation du congrès du PGE que nous organiserons à Paris début décembre, nous pourrions travailler à une importante initiative de mobilisation européenne.

- Ensuite, engager dans tout le pays, à partir de ces mobilisations, de toutes les résistances, la rédaction d’un pacte d’union populaire, qui prendrait des engagements précis, dessinerait un nouveau projet de gauche pour sortir de la crise et ouvrir une nouvelle ère de progrès. Il s’agirait de lancer à partir du Front de gauche un processus public et multiforme, associant le plus grand nombre possible, soit des centaines de milliers de personnes, à l’élaboration de ce pacte. Ateliers d’ écriture dans les quartiers et les entreprises, réseaux sociaux par grandes thématiques, collectifs jeunes, cahiers populaires du projet, comités d’initiatives à l’appel des nos élus, conventions, assises... toutes les formes devraient être imaginées pour permettre l’appropriation la plus large possible de cette démarche. Ce travail serait le point de convergence de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans le Front de gauche pour construire ce nouveau Front populaire en 2012. Et leur permettrait de s’engager sous les formes appropriées, décidées par eux. Un site forum et l’abonnement à une lettre électronique pour celles et ceux qui le souhaitent rendant compte de toutes ces initiatives matérialiseraient ce large réseau populaire. Les forces du Front de gauche pourraient coordonner, déployer, animer cette démarche, libre cours étant donné à toutes leurs énergies militantes. Des rendez-vous nationaux concrétisant ce travail devraient être construits d’ici la fin du printemps 2011. Pour ce qui le concerne, le Parti communiste pourrait dans ce cadre déployer un intense travail sur son projet afin de nourrir le processus. Il s’agirait en quelque sorte de construire le pacte d’union populaire sur lequel nous proposerions à une nouvelle majorité politique de gauche de gouverner en 2012. Ce processus pourrait être lancé en grand lors de la Fête de l’Humanité.

Enfin, parallèlement à ce processus, lancer le débat, dans le parti communiste et au delà avec les forces du Front de gauche, avec toutes les femmes et les hommes qui à gauche se reconnaîtraient dans cette démarche, sur les candidatures susceptibles de porter un tel pacte dans les échéances de 2012. Pour les élections législatives, notre volonté est de mettre au coeur du débat la question d’une majorité politique, et non l’élection d’une écurie présidentielle à l’Assemblée. Nous visons donc, outre la réélection des députés communistes et du Parti de gauche sortants, le gain de nombreux députés portant les objectifs du pacte. C’est avec une vraie ambition que la recherche des candidatures nécessaires doit être entreprise rapidement à partir de la réalité des nouvelles circonscriptions.

Pour la présidentielle, nous aurons plusieurs hypothèses à examiner. Participation au processus des primaires lancée par le PS, candidature du PCF, ou candidature de rassemblement avec le Front de gauche, qui puisse être issue d’une des formations du Front de gauche, ou d’une personnalité qui partagerait les objectifs du pacte. Le débat est ouvert. C’est en construisant le pacte et l’implication populaires les plus larges possibles que nous nous donnerons les meilleurs atouts de désigner une candidature efficace et rassembleuse, de donner à voir une autre conception de la politique que celle de l’hyper-présidentialisation. Reste à débattre de la manière dont le choix d’une candidature de rassemblement, parmi celles qui ne manqueront pas de venir en débat, pourrait être arrêtée en associant les adhérents de nos formations. En ce qui concerne le Parti communiste, l’ensemble de ces processus de décision devrait se déployer d’ici son prochain congrès au printemps 2011, en respectant la pleine souveraineté des adhérents à chaque étape.

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