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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 15:23

 

pcf-formation.jpgRien de bon à attendre
du sommet des chefs d’État européens à Bruxelles.

Rien qui change une situation où les peu­ples sont pris en otages par les marchés financiers quand leurs gouvernements se plient de bonne grâce à leurs diktats. Les bourgeois de Calais avaient la corde au cou avec les clés de leur ville. Mais c’est avec le sourire que les dirigeants euro­péens remettent les clés de leurs politiques aux agences de notation et se tapent dans le dos, devant les caméras.

Au programme, l’accolade donnée à Angela Merkel par Nicolas Sarkozy, ce dernier jouant une nouvelle fois des épau­les dans son costume de président du G20 qui n’est autre que celui d’un roi nu, comme on sait. Oh, ce ne sont pas les déclarations qui manquent ! Angela Merkel assure : « On ne laissera personne tout seul, on ne laissera tomber per­sonne. » C’est certes rassurer, peut-être, les autres chefs d’État qui s’inquiètent de l’arrogance du couple franco-allemand et entendent que ce soient les Vingt-Sept qui décident. Mais de quoi ? Le Luxembour­geois Jean-Claude Juncker, accroché à son idée d’obligations européennes pour garantir les dettes des États, doute : « Je suis suffisamment réaliste pour savoir  qu’aucune décision dans un sens ou dans un autre ne pourra être prise. »

L’idée, qui séduit une partie même de la gauche européenne, dont le PS français, ne ferait que renforcer la dépendance des politiques publiques à l’égard des mar­chés, mais la « confiance » de Jean-Claude Juncker en la capacité du sommet à décider laisse pantois. En revanche, dès lors qu’il s’agit d’appliquer aux peuples les plans d’austérité que réclament les agences de notation, comme le FMI, les affaires ne traînent pas. Espagne, Portugal, Irlande, dans quelque temps la Belgique. Les agences menacent. Fitch baisse d’un point la note des caisses d’épargne espa­gnoles. Moody’s  menace la Belgique. À chaque fois la spéculation gagne, les pays s’enfoncent. En Grèce, où la grève géné­rale paralyse le pays, le Parlement a voté une nouvelle déréglementation du marché du travail, des réductions de salaire, et Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, invite à la poursuite des « réfor­mes ».

Mais il n’y a pas  que le peuple grec qui se lève. On vient de connaître  de multiples actions, symboliques ou d’ampleur, à l’in­vitation de la Confédération européenne des syndicats. « Les syndicats européens, a souligné John Monks, le président de la CES, demandent aux gouvernements de ne plus démanteler notre Europe sociale. » Et déjà les ravages sont considérables. Selon une étude européenne, 116 millions de citoyens européens, le quart de la population, sont menacés de pauvreté et d’exclusion sociale.

Le sommet de Bruxelles ne décide rien de bon parce qu’il ne veut pas de ce qui doit être fait. Ce que proposent des forces diverses, comme la confédération des syn­dicats allemands, pour découpler les finances publiques des marchés financiers, changer en profondeur le rôle de la BCE, ce que proposent le Parti de la gauche européenne, d’autres à Attac et ailleurs. Toutes ces forces peuvent et doivent se faire entendre. Les décisions viendront des peuples n


 



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