PCF30 Front de Gauche 30 Gard
« Il y a deux formes de répression, lance une lycéenne montpelliéraine. La répression policière, bien sûr, qui consiste à taper pour faire taire. Mais l'embargo médiatique dont fait l'objet le mouvement est une autre forme de répression. Silencieuse, cette fois. » De l'avis des acteurs impliqués dans cette mobilisation, le traitement du mouvement anti-LRU par les médias ne reflète pas la réalité des choses. Ni leur ampleur. « On nous caricature en nous faisant passer pour une bande de mômes immatures », s'emporte Quentin, étudiant.
Les choses se meurent de n'être pas ou mal dites, dans un monde où les médias, notamment télévisuels, dictent l'actualité. La tordent. La choisissent. Or choisir, c'est exclure. C'est précisément de cela qu'il s'agit ici. Amaud analyse le nombre d'élèves qui remplissent à nouveau les classes : « Il y a les parents derrière, qui disent : « on n'en entend pas parler aux infos, de votre mouvement. C'est fini, je ne vois pas pourquoi tu n'irais pas en cours...» « Le boycott au niveau des chaînes nationales étouffe l'affaire. Comme ça on dit que plus personne ne manifeste, on fait passer cette loi et on s'attaque à la suivante », renchérit Paul, étudiant. Pour Sonia, mère d'élève, « les médias sont censurés ou s'autocensurent. Je suis abonnée à un quotidien national, c'est à peine s'il traite le sujet. » Pour parer à la désinformation, les blogs se multiplient sur Internet. Des vidéos des interventions violentes circulent. Un sociologue déplore : « les médias sont le plus grand instrument de formatage qui soit. La plus belle victoire de ce gouvernement, c'est de les avoir barricadés. » A.G
La Marseillaise du 17 12 2007