Ville minière et ouvrière, Alès a été administrée de 1855 à 1989 par des maires communistes. Mais les temps changent et l’extrême gauche en paie un lourd tribut.
Premier accroc dans la veste de la mairie communiste, la victoire en 1989 de Fabre-Pujol. Le socialiste, à la tête d’une liste de rassemblement contre la
mairie en place, gagne les élections avec le soutien de la droite. Deuxième accroc, la victoire en 1997 de Max Roustan (UMP) cette fois-ci. Pour la première fois, la droite occupe l’hôtel
de ville et à en croire les résultats des élections suivantes, les citoyens sont pour le moins satisfaits de cette nouvelle gestion. En effet Max Roustan est réélu dès le premier tour en
2002.
Pour Michel Boissier, habitant d’Alès, « c'est la lassitude inévitable des citoyens et l’usure du pouvoir » qui expliqueraient le revirement de bord. Et puis
Max Roustan joue sur son image d’enfant du pays, et occulte volontiers son appartenance politique. Le cabinet du maire met l’accent sur l’ouverture de l’administration de monsieur Roustan
et son apolitisme. Du côté de l’opposition on s’insurge : « Max Roustan est quelqu’un de très marqué politiquement, c'est un relais local de Sarkozy ».
Quoi qu’il en soit, à quelques mois des prochaines municipales on s’interroge sur la capacité de l’opposition à inverser la tendance.
« Le PC reste important »
Alès a-t-elle définitivement tourné le dos au communisme ? Du côté de l’opposition municipale, on se refuse à le croire. Chiffres à l’appui, Jean-Michel Suau
(PCF), tête de liste de l’opposition pour les municipales à venir, tempère l’apparente disgrâce du parti sur ses terres historiques. Certes, depuis 1989 les communistes n’occupent plus la
mairie cévenole, mais aux dernières législatives, les résultats démontraient que la gauche avait encore de beaux jours devant elle. Dans cette ancienne région minière, qui peine à se
reconvertir, le PCF arrivait en deuxième position, dans la circonscription et recueillait 22,1% des voix. « Les mouvements sociaux et le mécontentement face au gouvernement Sarkozy
devraient renforcer notre position » renchérit-il.
Rassembler à gauche
Pour ces municipales, Jean-Michel Suau prône un rassemblement de la gauche « du parti socialiste à la LCR, en associant également des membres de la société
civile ». Mais ce rassemblement ne se fera pas aux dépens du projet ajoute-t-il, assurant qu’il ne fera pas de concession pour satisfaire les différentes mouvances ; « le plus important
reste le contenu ». Parmi les priorités de la liste, la question du logement social demeure centrale, dans cette ville où 74% de la population pourrait y prétendre.