Révoltes de la faim :
Pour des mesures urgentes et un changement de politique
Les révoltes de la faim dans des dizaines de pays en développement sur
tous les continents traduisent une crise profonde et violente des
relations économiques internationales et du modèle néo-libéral. Des
centaines de millions de personnes dans le monde paient les conséquences
de la libéralisation, de la privatisation, de la destruction des
agricultures vivrières, de la réduction drastique des budgets sociaux...
Les politiques d'ajustement structurel ont contribué à l'affaiblissement
des économies des pays du Sud, à l'extension d'une pauvreté massive au
nom d'une insertion dans la mondialisation capitaliste qui n'a fait
qu'accentuer la vulnérabilité et la dépendance de ces pays.
L'augmentation brutale des prix de nombreux produits vitaux révèle et
accentue cette crise majeure du mode de développement en contribuant à
déstabiliser des sociétés déjà très fragilisées et souvent victimes de
régimes répressifs et corrompus. La responsabilité des pays capitalistes
développés et des institutions financières et commerciales
internationales -l'OMC et le FMI, en particulier- est écrasante. Elle
l'est d'autant plus que l'augmentation du prix a été encore aggravée avec
la spéculation sur les produits de base et les effets de la crise
énergétique. La baisse de l'aide publique au développement, pour la
deuxième année consécutive, en a encore rajouté.
Pour le Parti communiste français, des mesures urgentes sont
indispensables afin de permettre à toutes les populations concernées
d'accéder immédiatement à des denrées et à des produits de première
nécessité. La France, l'Union européenne, les institutions
internationales doivent y contribuer. Mais cette crise ne touche pas qu'à
la sécurité alimentaire. Elle appelle à un vrai changement de politique
par la prise en charge des grands enjeux du développement avec la mise en
cause des politiques d'ajustement structurel néo-libérales, le
développement de l'agriculture pour la souveraineté alimentaire, la
transformation et la démocratisation des institutions internationales et
des règles du financement du développement, l'annulation des dettes...
Tout doit être fait pour que soient effectivement atteints les Objectifs
du Millénaire pour le développement adoptés par l'ONU en l'an 2000 afin
de diminuer de moitié la pauvreté mondiale.
une déclaration du PCF
Jacques Fath