PCF30 Front de Gauche 30 Gard
c’est le fruit de la spéculation
et du krach
Le niveau record
de l’inflation est l’un des dommages collatéraux majeurs du krach financier qui s’est déclenché l’été dernier.
Les tensions qui préexistaient sur les marchés de l’énergie ou des produits alimentaires, principaux responsables de la flambée actuelle des prix (3,2 % en mars en France), ont été exacerbées par des phénomènes spéculatifs en liaison directe avec la crise financière et le traitement qu’ont tenté de lui appliquer les grandes banques centrales.
Les sources essentielles de l’explosion des prix ne sont donc pas à rechercher dans une pénurie véritable de pétrole ni dans un manque soudain de matières premières ni par le fait que les Chinois mangent davantage à leur faim. Tous ces paramètres alimentent certes les tensions apparues sur certains marchés, mais ils ne peuvent expliquer à eux seuls l’exubérance actuelle des prix. La ruée sur des produits comme le pétrole, le riz, le blé, le soja contient une dimension très spéculative, directement liée au krach financier. C’est elle qui est la principale responsable de l’envolée de l’inflation.
Après avoir essuyé des pertes considérables dans la crise, les traders des établissements bancaires et autres fonds d’investissements se précipitent sur ces produits dont ils se servent comme de valeurs refuges, capables de leur rapporter gros rapidement. Et ils utilisent pour cela les liquidités, c’est-à-dire les crédits bon marché mis massivement à leur disposition ces derniers mois par les grandes banques centrales pour éviter la faillite du système. Ces dernières ont injecté plus de 2 000 milliards de dollars depuis août dernier dans le circuit financier.
C’est ce fonctionnement massif de la planche à crédit qui alimente l’inflation record d’aujourd’hui. L’inflation ressentie si douloureusement jusque par les classes moyennes des pays développés et qui a conduit aux émeutes de la faim dans le tiers monde est d’origine principalement financière. Ce sont ainsi les peuples qui payent au prix fort, au Nord comme au Sud, le dégonflement de la formidable bulle spéculative qui s’est accumulée ces dernières années du fait de la financiarisation de l’économie. La BCE estime que la situation la conforte dans le souci de maintenir le cap sur une politique monétaire restrictive, véritable instrument de combat contre les hausses de salaires. Et d’“ argumenter ” que des augmentations accentueraient l’inflation…
En fait, cela revient à présenter une seconde fois l’addition de la crise financière aux salariés européens. Au pire moment, car la poursuite de l’austérité salariale ne peut qu’étouffer toujours davantage une croissance européenne déjà amorphe. C’est au contraire une autre politique monétaire, capable de s’émanciper peu à peu des marchés financiers plutôt que de voler au secours des spéculateurs qu’il faudrait impulser.
En pratiquant un crédit sélectif non plus en faveur des opérations financières, mais de l’emploi et des investissements utiles pour la recherche et la formation n