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L’INFLATION REPART

cest le fruit de la spéculation
et du krach


Le niveau record
de l
inflation est lun des dommages collatéraux majeurs du krach financier qui sest déclenché lété dernier.

Les tensions qui préexistaient sur les marchés de lénergie ou des produits alimentaires, principaux responsables de la flambée actuelle des prix (3,2 % en mars en France), ont été exacerbées par des phénomènes spéculatifs en liaison directe avec la crise financière et le trai­tement quont tenté de lui appliquer les grandes banques centrales.

Les sources essentielles de lexplosion des prix ne sont donc pas à rechercher dans une pénurie véritable de pétrole ni dans un manque soudain de matières premières ni par le fait que les Chinois mangent davantage à leur faim. Tous ces paramètres alimentent certes les tensions apparues sur certains marchés, mais ils ne peuvent expliquer à eux seuls lexu­bérance actuelle des prix. La ruée sur des produits comme le pétrole, le riz, le blé, le soja contient une dimension très spéculative, directement liée au krach financier. Cest elle qui est la principale responsable de lenvolée de linflation.

Après avoir essuyé des pertes considéra­bles dans la crise, les traders des établis­sements bancaires et autres fonds din­vestissements se précipitent sur ces pro­duits dont ils se servent comme de valeurs refuges, capables de leur rappor­ter gros rapidement. Et ils utilisent pour cela les liquidités, cest-à-dire les crédits bon marché mis massivement à leur dis­position ces derniers mois par les gran­des banques centrales pour éviter la fail­lite du système. Ces dernières ont injecté plus de 2 000 milliards de dollars depuis août dernier dans le circuit financier.

Cest ce fonctionnement massif de la planche à crédit qui alimente linflation record daujourdhui. Linflation res­sen­tie si douloureusement jusque par les classes moyennes des pays dévelop­pés et qui a conduit aux émeutes de la faim dans le tiers monde est dorigine princi­palement financière. Ce sont ainsi les peuples qui payent au prix fort, au Nord comme au Sud, le dégonflement de la formidable bulle spéculative qui sest accumulée ces dernières années du fait de la financiarisation de léconomie. La BCE estime que la situation la conforte dans le souci de maintenir le cap sur une politique monétaire restric­tive, véritable instrument de combat contre les hausses de salaires. Et d“ argumenter ” que des augmentations accentueraient linflation…

En fait, cela revient à présenter une seconde fois laddition de la crise finan­cière aux salariés européens. Au pire moment, car la poursuite de laustérité salariale ne peut quétouffer toujours davantage une croissance européenne déjà amorphe. Cest au contraire une autre politique monétaire, capable de sémanciper peu à peu des marchés financiers plutôt que de voler au secours des spéculateurs quil faudrait impulser.

En pratiquant un crédit sélectif non plus en faveur des opérations financières, mais de lemploi et des investissements utiles pour la recherche et la formation n 


 

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