PCF30 Front de Gauche 30 Gard
Vietnam - Grèves en série dans les usines délocalisées.
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Les ouvriers d’usines délocalisées se rebellent. 20.000 ouvriers d’une usine Nike implantée au Vietnam ont entamé une grève. Leur salaire mensuel ? 37,30 euros, soit 14 % de plus que le salaire minimum imposé par les lois du pays. Mais un grain de sable est venu bloquer un mécanisme qui paraissait pourtant bien huilé : l’inflation. Ce mal économique insidieux ne s’attaque pas seulement aux pays occidentaux, le monde entier en pâtit. Pour pouvoir survivre face aux courbes grandissantes des prix, les salariés de l’usine réclament une augmentation de 20 % de leur salaire. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le mouvement de grogne a été suivi en masse, plus de 95 % des employés du site. La résolution de ce problème est d’une importance capitale pour Nike : il y a fort à parier que plus d’un ouvrier de la nébuleuse d’usines délocalisées de la compagnie américaine, scrutera l’avancée des négociations.
Un effet boule de neige entraînant d’autres usines aurait de lourdes conséquences économiques. Fidèle à l’« esprit Nike », l’usine concernée par ce mouvement social sous-traite pour la marque américaine, qui a développé le concept à l’orée des années 80 : une entreprise, pas d’usines estampillées avec son sceau.
La fin de l’Eldorado ?
La marque à la virgule est ainsi le premier employeur privé du Vietnam avec pas moins de dix usines de sous-traitance… autant d’aubaines hier, autant de menaces aujourd’hui. Sans compter les dizaines de sous-traitants implantés aux Philippines, en Chine ou encore au Maghreb. Nike offre un modèle dont la majeure partie des grandes industries se sont inspirées, une organisation qui fait légion de nos jours chez les groupes d’importance et de rayonnement majeurs. La multinationale américaine est loin d’être la seule à éprouver « la révolte des délocalisés ». Dernier exemple en date : Renault. Les ouvriers de l’usine Dacia, implantée dans la ville roumaine de Pitesti, ont été en conflit, protestant contre des salaires inaptes à un niveau de vie en pleine flambée. Nouvelle conséquence d’une inflation galopante, ces grèves en série menacent sérieusement l’Eldorado des multinationales.