PCF30 Front de Gauche 30 Gard
Mai
2007 : au terme
d’une élection qui a passionné
les Français, Sarkozy
est confortablement élu
président de la République.
Le coup de massue est d’autant plus rude que la droite est au pouvoir depuis cinq ans, que son bilan est rejeté par les Français et que le nouvel élu n’a pas masqué ses intentions de conduire un projet de droite plus décomplexé que jamais. Tout le paradoxe de la situation ainsi créée est déjà présent dans ce résultat. Porté par les milieux d’affaires pour appliquer à marche forcée à la France un traitement ultralibéral de cheval, Sarkozy a été élu par les Français pour réussir le changement et pour changer la politique et la manière d’exercer le pouvoir. Les électeurs ne se sont pas convertis aux recettes de la mondialisation libérale, mais ils ont cru en Sarkozy. Le piège présidentialiste va très vite se refermer sur leur porte monnaie.
Mai 2008 : la cote sarkozyste est au plus bas après avoir régulièrement plongé depuis l’automne. Celle du Premier ministre a résisté plus longtemps. Dans un premier temps, c’est le style présidentiel qui a concentré le désaveu populaire. Aujourd’hui les deux courbes descendent en parallèle, signe que le fond de la politique mise en œuvre est désormais clairement sur la sellette. Le changement d’ambiance est radical. Même s’il a beaucoup de mal à se contenir, le locataire de l’Élysée s’emploie en permanence à jouer à contre emploi, remballant son style m’as-tu-vu pour tenter de redonner de l’épaisseur à un rôle qu’il a dévalué à une vitesse record.
Mais, surtout, dans le pays, aux craintes confirmées de ceux qui redoutaient son élection sont venues s’ajouter la désillusion, voire la colère de ceux qui se sont laissé prendre. L’inquiétude est partout perceptible. Ceux qui croyaient être mieux protégés face à la mondialisation par un candidat volontaire et arrogant se voient lâchés en rase campagne par un président aligné et atlantiste. Le pays est plongé dans une étrange atmosphère où chacun sait que le sarkozysme a encore quatre ans devant lui et se demande comment cela pourrait durer encore autant.
La situation est instable. Le gouvernement affiche son intention de ne pas tenir compte de mécontentements pourtant patents et de tailler sa route comme si de rien n’était. Dans des secteurs de plus en plus larges de la population grandit l’idée qu’il va falloir lui résister, se montrer de plus en plus combatifs pour ne pas le laisser faire. Le mois de mai s’annonce agité. D’autant que chaque jour alourdit le lot de menaces. Dernière en date, celle qui vise les chômeurs qui seraient tenus d’accepter au bout d’un an tout poste avec un salaire supérieur à leur allocation chômage. On imagine les dégâts quand on connaît le niveau des allocations au bout d’un an : des abattements conséquents en perspective sur la valeur du travail proposé. L’exact contraire de ce que le candidat Sarkozy avait brandi comme étendard.
Le mensonge continue. Il doit être dénoncé, démasqué, empêché autant qu’il est nécessaire. Il faut aussi agir plus fort. Et personne n’a inventé mieux que l’action unie. Face aux pouvoirs récalcitrants, elle reste le plus convaincant des antidotes. C’est aux salariés, à la jeunesse d’en construire les bases solides et de les garantir dans la durée. Franchises, retraites, salaires, postes d’enseignants… Toutes les batailles sont gagnables. Rappelons-nous ce qui a fait, il y a deux ans, la force du mouvement anti CPE.
Mais ce n’est pas tout. Parce qu’après le CPE, 2007 est passé par là. L’échec nous enseigne qu’il faut construire, sans attendre, du politiquement durable à gauche. Etre efficace contre la politique de Sarkozy, c’est aussi mettre en débat les conditions d’un nouveau contrat politique de changement n