national, les marins-pêcheurs français étaient globalement insatisfaits jeudi des aides promises par le ministre de la Pêche pour parer à la hausse du prix du pétrole.
Barrage à la raffinerie de Total à La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, où les forces de l'ordre sont intervenues jeudi pour libérer l'accès (Reuters)
Les représentants des principaux ports de pêche de la Méditerranée, ont décidé jeudi 22 mai au soir de reconduire leur mouvement de grève à durée illimité, lors
d'une assemblée générale à Port-la-Nouvelle (Aude).
Les marins-pêcheurs de nombreux ports français ont poursuivi, voire durci jeudi, leurs actions contre la cherté du gazole, se disant "insatisfaits" du plan d'aide gouvernemental, désavouant de
fait leurs représentants qui s'étaient dits satisfaits des mesures ministérielles. Si la résignation touche certains ports qui ont repris le travail jeudi, l'idée d'une mobilisation européenne
des pêcheurs fait son chemin en Méditerranée. "Puisque nous avons des quotas européens qui encadrent la pêche, il nous faut un prix du gazole également européen, comme ça on sera tranquille", a
suggéré Liliane Cariou, présidente du comité local des pêches de Lorient.
"Arnaque"
Marquant un désaccord profond avec leurs représentants qui s'étaient dits satisfaits mercredi à l'issue de la réunion avec Michel Barnier, les pêcheurs étaient nombreux jeudi à voter pour la
poursuite de la grève. C'était le cas dans beaucoup de ports de Bretagne tels que Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Lorient (Morbihan) et le Guilvinec (Finistère). A Saint-Quay-Portrieux (Côtes
d'Armor), qualifiant "d'arnaque" les propositions gouvernementales et réclamant la démission du président du Comité national des pêches, Pierre-Georges Dachicourt, qui avait appelé à la fin des
protestations, des pêcheurs ont saccagé un bureau des Affaires maritimes.
Vote à bulletin secret
Plus au sud, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée), les pêcheurs ont également décidé en fin de journée de maintenir le blocus. Aux Sables d'Olonne (Vendée), d'où est parti le mouvement de grogne,
ils ont décidé de maintenir le blocus du port et de se retrouver vendredi à 9h pour un vote à bulletin secret, tout comme à La Turballe (Loire-Atlantique) où les pêcheurs se décideront vendredi
matin.
Grève reconduite
Seuls les pêcheurs de Royan, de l'Ile d'Yeu, du Croisic et de Roscoff (ouest) ont décidé de mettre fin à leur mouvement de grève.
Les fileyeurs de Boulogne-sur-Mer (nord), premier port de pêche français en tonnage, ont également levé le blocage du port mais n'ont pas repris la mer.
Sur l'ensemble du littoral français, la grève a été le plus souvent reconduite à l'issue de discussions houleuses où les propositions du gouvernement ont été vivement critiquées.
Délogés par les forces de l'ordre
Les représentants des principaux ports de pêche de la Méditerranée, réunis jeudi soir en assemblée générale à Port-la-Nouvelle (sud), ont décidé de reconduire leur mouvement de grève à durée
illimitée. Dans les Bouches-du-Rhône, les marins-pêcheurs ont d'abord réinstallé en matinée le blocage des deux dépôts pétroliers de Fos-sur-Mer, ainsi que ceux de Berre et de La Mède. Ils ont
ensuite été délogés par les forces de l'ordre.
Actions contre la grande distribution
Dans le Sud-ouest, les pêcheurs de La Rochelle, La Cotinière (Charente-Maritime) et Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève et de blocage,
parfois même jusqu'à lundi comme à Arcachon (Gironde). "La poursuite des blocages des ports de pêche et de commerce et des dépôts de carburants de La Rochelle a été votée à main levée à 98% en
assemblée générale", a indiqué Pascal Guénezan, l'un des porte-parole rochelais. Outre le blocage de plusieurs ports et dépôts de carburant, les pêcheurs ont mené de nombreuses actions contre la
grande distribution, vidant des rayons de magasins pour servir gratuitement des clients dans la région de Saint-Brieuc (ouest), à Quimper (ouest), Cherbourg, Outreau (nord) et Arcachon
(sud-ouest).
40 millions d'euros
Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier s'est engagé "solennellement à ce que la mise en oeuvre des mesures" annoncées à l'issue de la réunion de mercredi "soit extrêmement
rapide". Il a ainsi indiqué que "l'aide exceptionnelle de soutien au revenu, dotée d'un montant de 40 millions d'euros" prenait effet dès ce jeudi et qu'elle serait mise en paiement avant le 15
juin "sur la base des demandes déposées". Dans un communiqué, le ministre affirme également avoir pris les dispositions nécessaires pour que les aides d'urgence aux armements de pêche (22
millions d'euros) soient mises en paiement par le Centre national pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles avant le 6 juin pour tous les dossiers qui seront présentés à
l'établissement payeur.