PCF30 Front de Gauche 30 Gard
USA
que peut Obama?
Les quatre jours de la récente rencontre démocrate à Denver ont coûté la
bagatelle
de 150 millions de dollars.
Autant, selon l’étrange échelle de valeurs choisie par un commentateur, sur une de nos grandes chaînes, que la réalisation du film de James Cameron, Titanic ! Faut-il y voir le souhait inconscient d’un naufrage du bateau démocrate ? Il est vrai que ses marins et capitaines ont pris, de ce point de vue, quelques risques. Le combat pour l’investiture entre Hillary Clinton et Barack Obama, remporté donc par ce dernier, a laissé des traces. Près de 30 % des Hillarens seraient prêts à voter pour le candidat républicain John Mc Bain. La convention s’est donc efforcé de pousser au rassemblement.
À certains égards, nos mœurs politiques tendent à se rapprocher de celles des États-Unis et des dérives du bipartisme, mais nos grilles de lecture n’ont pas cours outre-Atlantique. Les démocrates ne sont pas la gauche, fut-ce avec ses contradictions et ses tentations sociolibérales, quand bien même les Républicains sont sans conteste à droite et parfois même très à droite. Les USA sont désormais fort loin, de plus, du rêve américain, quand le capitalisme d’après guerre, venant après le New Deal de Roosevelt, pouvait donner à toute une classe moyenne blanche le sentiment qu’elle était aspirée vers le haut et vivrait toujours mieux. Les diverses politiques suivies, y compris par Bill Clinton, ont remis en question ce modèle, allant vers toujours plus d’inégalités et toujours moins de sécurité.
Dans la dernière période, la crise des subprimes n’a pas créé, mais révélé, l’ampleur de la crise américaine, en jetant à la rue des millions de foyers modestes, et les couches moyennes sont désormais frappées. L’endettement des États-Unis est phénoménal et, n’était sa place dans le monde, y compris par sa puissance militaire, le pays serait en faillite.
Obama parle avec talent – avec un véritable charisme – de changement, de nouveau départ pour une marche en avant. Mais les électeurs commencent à penser, semble-t-il, que le charisme n’est pas tout. Le choix de son vice-président est peut-être un bon atout tactique pour gagner des électeurs jusqu’alors réticents, mais il ne fait pas non plus une politique. Sans compter que la starisation d’Obama peut aussi se retourner contre lui chez des électeurs “ petits Blancs ” flattés par la démagogie populiste du candidat républicain.
Quel est le programme d’Obama ? On sait que ses grands axes de campagne, en politique étrangère et sur les questions sociales, se sont pour le moins infléchis au cours des mois. Pour autant, Obama n’est pas Mc Cain, et il a des atouts. La politique de Bush est devenue impopulaire, elle s’est construite sur des peurs et des mensonges, comme sur la guerre en Irak, ressentie désormais comme un échec. Obama propose à l’Amérique une autre vision d’elle-même. Jeune, dynamique, ayant surmonté ses démons racistes. Il a mis en avant l’unité du pays. McCain veut rester en Irak. Obama parle d’en partir. McCain veut baisser les impôts, Obama parle toujours de social, même s’il a reculé sur la couverture maladie.
Ce n’est pas suffisant. Sans doute lui faudrait-il affirmer une vision claire de l’Amérique dans le monde, forte et pacifiée, à l’opposé des nouveaux accents de guerre froide d’aujourd’hui et, plus encore peut-être, une vision autre qu’une fuite en avant face aux crises économiques et énergétiques cumulées et imbriquées. Le peut-il ? Le veut-il ? n