Jean-Michel Suau, opposant municipal, lance "La lettre citoyenne et solidaire" pour contrer le maire, Max
Roustan, et son "Journal du Grand-Alès"Depuisle temps que l'opposition municipale d'Alès râle de n'avoir pas de place dans le bulletin du Grand-Alès ! Elle a trouvé une parade... Au "Journal du
Grand-Alès" de Max Roustan (UMP), Jean-Michel Suau (PCF) réplique par la "Lettre citoyenne et solidaire". Le premier annonce "100 % info". Le second affiche "Un nouvel
angle de vue sur l'info locale". Bref, tous parlent d'info sans rougir, alors que l'une est dirigée par Christophe Rivenq (directeur de cabinet du maire) ; et l'autre par Jean-Michel Suau
(tête de liste d'opposition).
Doit-on percevoir, chez l'un
comme chez l'autre, la volonté d'informer les Alésiens sans parti pris, en faisant abstraction de l'intérêt politicien ?
Si on les crédite d'une telle volonté, Jean-Michel Suau va même penser qu'il fait oeuvre humanitaire : « Nous voulons empêcher de "propagander" en rond, en regardant ce qui se passe derrière
les jets d'eau et les pots de fleurs ».
Quinze mille boîtes aux lettres alésiennes reçoivent "Le Journal du Grand-Alès". Les mêmes quinze mille boîtes auront "La lettre citoyenne et solidaire". Mais les moyens sont
différents. "Le Journal du Grand-Alès" est fabriqué et distribué mensuellement sur le budget communication de l'agglo (et donc financé à 80 % par la ville d'Alès). "La lettre citoyenne
et solidaire" est payée par la galaxie politico-associative des proches du PCF et distribuée par les militants. Sa périodicité sera aléatoire. "Le Journal du Grand-Alès" a trente-deux pages en quadrichromie. Le premier numéro de "La lettre citoyenne" fait figure de parent pauvre avec huit pages, pas de couleur et un
format plus réduit.
Côté contenu, il ne faut, bien sûr, pas s'attendre à lire la même prose. Le "Grand-Alès" est le bulletin d'élus au pouvoir, mettant en scène leurs actions sous une forme valorisante.
"La lettre citoyenne" est forcément plus impertinente : elle se consacre à la destruction de l'image du maire d'Alès. Mais elle doit aussi valoriser l'action politique du conseiller
général Jean-Michel Suau. Il lui faut donc triturer "l'info" sous deux angles différents.