PCF30 Front de Gauche 30 Gard
I1I. Une Europe de paix et de coopération
Aucune guerre ne doit plus jamais prendre naissance sur le sol européen.
Nous considérons que la guerre et la militarisation ne sont pas des instruments
politiques et nous voulons une stratégie qui garantisse la sécurité pour tous.
Le désarmement et la reconversion des industries militaires sont des
tâches essentielles. Nous menons campagne contre la clause de réarmement
du traité de Lisbonne, non seulement à cause des armes de mort et
de destruction de la nature, mais aussi parce qu’elle détourne des fonds
hors du développement économique, social et écologique. L’Agence européenne
de défense doit être remplacée par une Agence de désarmement
chargée de faire cesser la course aux armements, la prolifération et la possession
d’armes de destruction massive, la militarisation de l’espace et des
océans, à partir d’accords de désarmement.
Les conflits qui émergent en Europe – notamment après le refus par les
gouvernements de repenser la coopération de tous les États européens sur
une base juste et égalitaire depuis 1990 – soulignent la nécessité de créer
un nouveau système de sécurité collective en Europe. À partir d’une crise
régionale devenue une situation de guerre ouverte, le conflit du Caucase
d’août 2008 est devenu une crise internationale qui a impliqué les États-
Unis et qui a appelé la population européenne et l’Union européenne à
jouer leur rôle pour négocier une solution politique. Le danger que de tels
conflits s’étendent à d’autres régions d’Europe demeure une question cruciale.
Parallèlement, le déploiement des forces de l’OTAN en Afghanistan
et les demandes croissantes des États-Unis d’augmentation de la participation
européenne montrent la faillite de la stratégie d’intervention militaire
suivie par l’administration Bush. Cela démontre la contradiction croissante
entre, d’une part, les intérêts européens de sécurité et, d’autre part, la
stratégie d’intervention militaire et l’expansion de l’OTAN.
La Gauche européenne réaffirme son exigence de dissolution de l’OTAN.
Nous sommes opposés à la logique des blocs militaires, y compris les tentatives
et politiques de création de structures militaires européennes.
Plus que jamais, la sécurité en Europe doit être fondée sur les principes de
défense, de désarmement et l’incapacité structurelle de commettre des
agressions, sur la solution des conflits par des moyens politiques et civils au
sein du système de l’OSCE, conformes au droit international et aux principes
d’un système réformé et démocratisé des Nations unies. Un tel système
européen, collectif et coopératif, doit garantir la sécurité ainsi que l’accès
inconditionnel à la fourniture d’énergie, le respect de l’environnement,
le respect des droits humains, etc.
Nous devons souligner le rôle négatif, non seulement militaire mais aussi
politique, que l’OTAN joue en se conformant aux intérêts des États-Unis
en Europe. Même après la confrontation entre les blocs Est et Ouest,
l’OTAN est restée en place et s’est développée pour devenir un outil
encore plus fonctionnel des administrations états-uniennes au service de
leurs stratégies hégémoniques. L’élargissement de l’OTAN vers l’Est est
conforme à cette logique.
Les accords bilatéraux entre les États-Unis et différents pays européens,
tels que celui avec l’Italie concernant la base militaire états-unienne de
Vicenza, avec la Pologne et la République tchèque pour le déploiement du
bouclier antimissiles et ceux avec la Bulgarie et la Roumanie, concernant
des nouvelles bases militaires, représentent non seulement une menace
pour la souveraineté de l’Europe, mais créent un risque réel d’une nouvelle
confrontation militaire en Europe.
Le retrait des troupes de l’OTAN et de la coalition occidentale dirigée par
les États-Unis en Irak et en Afghanistan est une condition nécessaire à la
dissolution de l’OTAN par un processus politique. La communauté internationale
et les États-Unis doivent aider le peuple afghan à trouver une
solution politique par des moyens non militaires, sur la base du respect du
droit international et des droits de l’homme. Nous exigeons également la
fermeture de toutes les bases de l’OTAN et des États-Unis en Europe.
Nous sommes contre les installations de défense satellitaire des États-Unis
(ou d’un quelconque pays européen) déployées en Europe ou hors d’Europe
et nous soutenons totalement les citoyens tchèques, polonais, bulgares
et roumains qui luttent contre de telles installations. Nous refusons
toute utilisation militaire du système européen Galileo.
Les politiques commerciales et de développement de l’Union européenne
doivent être conformes aux objectifs de développement du Millenium et
réalignées sur le principe d’égalité entre tous les pays. Les accords bilatéraux
de partenariat européens ne sont pas la bonne voie. La politique
consacrée au commerce international de l’UE doit être conçue pour donner
des réponses adéquates permettant de résoudre les problèmes écologiques
et sociaux de la planète. Le combat contre la pauvreté qui continue
de croître dans le monde et les déséquilibres doit être mis au centre de la
coopération de développement – il faut mettre fin au mauvais usage de la
coopération de développement dans le but de perpétuer des relations de
type colonial, pour apporter un soutien unilatéral aux industries d’exportation
en faveur des entreprises européennes ou pour servir d’instrument
géopolitique. Nous voulons l’interdiction de la transformation de produits
alimentaires en carburants. Nous exigeons l’annulation de la dette pour les
pays les plus pauvres du monde et la révision des programmes d’ajustement
structurel de la Banque mondiale et du FMI.
Nous soutenons un développement plus important de la coopération
méditerranéenne. Elle est la clé pour établir la paix et la sécurité au Moyen-
Orient. Mais le processus de Barcelone est en crise. Transformer le processus
de Barcelone en une Union méditerranéenne plus étroite et plus
institutionnalisée exige la participation active de toutes les forces politiques
et sociétés civiles des pays impliqués. Le processus démocratique et transparent
pour renouer une relation entre tous les pays de la région et
l’Union européenne est le seul moyen pour éviter de transformer ce projet
politique ambitieux en une structure inégalitaire.
Une Méditerranée de paix durable et stable est impossible sans que soit
résolu le conflit du Moyen-Orient. La condition préalable essentielle est la
reconnaissance et la concrétisation du droit du peuple palestinien à avoir
un État indépendant et viable à côté de l’État d’Israël – avec des droits
égaux et vivant ensemble dans un voisinage pacifique. Le PGE fera tout son
possible pour exiger cela et pour pousser l’UE et ses pays membres à agir
selon cette orientation. Même plus : l’Europe doit s’émanciper du plan des
USA appelé “Grand Moyen-Orient”, pour s’engager elle-même activement
pour mettre fin à l’occupation militaire des territoires palestiniens, pour, le
démantèlement du “mur”, pour la stricte exécution des résolutions de
l’ONU à ce sujet. L’UE doit entreprendre un plus grand nombre de
démarches politiques pour exiger le soutien des pays arabes de la région et
pour stimuler la conscience grandissante des sociétés civiles en faveur de la
nécessité de promouvoir une politique active de résolution du conflit. Le
PGE refuse les politiques des USA et de l’UE à l’égard de l’Iran – notamment
concernant la solution du conflit sur l’usage de l’énergie nucléaire – et
exige des négociations strictement politiques ; le PGE exprime sa solidarité
aux forces sociales et politiques qui luttent pour la mise en pratique et la
garantie du respect des droits de l’homme en Iran.
Le PGE souligne son engagement pour un processus de sécurité et de
coopération de tous les États des régions de la Méditerranée et du Moyen-
Orient, y compris le droit du peuple Sahraoui à l’autodétermination sur la
base des résolutions existantes de l’ONU 1754 et 1783.
La Turquie doit respecter et s’engager légalement à garantir les droits politiques
et humains de toutes les personnes vivant dans le pays, y compris
toutes les minorités, elle doit mettre en oeuvre des réformes juridiques et
sociales conformes au droit permettant d’ouvrir une voie démocratique et
pacifique pour tous les citoyens kurdes, apportant ainsi une solution politique
au problème kurde.
L’évolution significative de la question de Chypre et le changement d’ambiance
après l’élection de Dimitris Christofias à la présidence de la République
ouvrent de nouvelles perspectives prometteuses aux efforts de réunification
de l’île. La tenue de négociations officielles entre les dirigeants des
deux communautés, sous les auspices de l’ONU, devrait conduire à une
solution fédérale bizonale et bicommunautaire impliquant l’égalité politique,
en conformité avec les résolutions de l’ONU en la matière et sur la base
des accords de haut niveau, du droit européen et du droit international.
Le PGE se prononce en faveur de la création de conditions politiques et
économiques permettant une coexistence pacifique des peuples et des
États européens : l’Europe a besoin d’un espace économique et social qui
n’exclut aucun autre pays européen et qui est basé sur un système variable
d’accords tant bilatéraux que multilatéraux. La Gauche européenne se prononce
en faveur de l’élargissement ultérieur de l’Union européenne et
pour une structure stable à l’échelle du continent afin de surmonter les
divisions politiques et économiques encore existantes en Europe. Pour cette
raison Le PGE soutient notamment la préservation de gouvernements
démocratiques, la garantie et la concrétisation des droits humains pour
tous les peuples dans la pratique quotidienne, le respect et la protection
des minorités et l’État de droit, parce que ce sont des conditions préalables
importantes pour négocier avec les pays demandeurs de leur adhésion à
l’UE. L’Union européenne, quant à elle, doit être politiquement et économiquement
en état de prendre les mesures d’élargissement.
La Gauche européenne demande la mise en application concrète de la nouvelle
politique de voisinage de l’Union sur la base de l’égalité, notamment
en ce qui concerne les pays membres de la CEI et les États de la partie occidentale
des Balkans.
IV. Une Europe démocratique et égalitaire
La reconstruction de l’Europe reste encore aujourd’hui une tâche à accomplir.
Tous les êtres humains qui vivent dans des États membres de l’Union
européenne ont le droit de participer à sa construction et à son développement
futur, qu’ils y soient nés ou non. L’Union européenne doit s’ouvrir à
la participation démocratique de tous les gens qui y vivent, sinon elle n’aura
pas d’avenir.
Nous nous déclarons pour le renforcement des droits et libertés individuels,
ainsi que des droits sociaux et politiques fondamentaux de toutes les
personnes qui vivent dans l’Union européenne. La charte des droits fondamentaux
doit devenir légalement contraignante et doit être développée
dans un sens plus progressiste. L’Union européenne doit adhérer à la
Charte européenne des droits de l’homme (CEDR). Le PGE défend l’égalité
pleine et entière entre les femmes et les hommes dans tous les domaines
de la vie. L’Union européenne doit protéger et promouvoir les droits de
toutes les personnes discriminées du fait de l’origine ethnique, de l’orientation
sexuelle, du sexe, de la religion, de l’idéologie, du handicap ou de l’âge.
Nous exigeons le respect des droits de toutes les minorités et des actions
efficaces contre le racisme, la xénophobie, l’ultranationalisme, le chauvinisme,
le fascisme, l’anticommunisme, l’homophobie et toute autre forme de
discrimination.
L’Europe que nous voulons exige la démocratisation de l’économie. Les
droits d’association, de codécision et de grève doivent s’appliquer à travers
les frontières. Nous refusons que les normes sociales et syndicales soient
subordonnées aux principes de liberté pour le seul marché édictés par la
cour de justice européenne. En revanche, les droits et les possibilités des
travailleurs de participer aux décisions de l’entreprise, par exemple à la
réglementation des investissements et de la production, doivent être élargis
et définis par le droit international.
Le PGE se déclare en faveur d’une politique culturelle de l’Union européenne
basée sur le dialogue interculturel et l’éducation. Il combat la libéralisation
illimitée des services culturels. Nous voulons que le dialogue entre les
cultures devienne le principe d’une politique pacifiste, du niveau local au
niveau européen. Nous soutenons la Convention de l’UNESCO sur la promotion
et la promotion de la diversité des expressions culturelles, qui prévoit
que la législation internationale rend obligatoires la préservation et la
promotion de la diversité des cultures régionales.
Nous exigeons aussi une politique transparente à l’égard des médias. Les
sources de la productivité économique, de l’hégémonie culturelle, ainsi que
du pouvoir politique et militaire dépendent de plus en plus de la production,
de la mémorisation et de la conversion de l’information et de la
connaissance. C’est pourquoi lès à l’information et à la communication et
l’acquisition de ces données sont des conditions essentielles pour la participation
démocratique, tant au plan national qu’européen. En outre, il est
indispensable de démocratiser la production, le traitement et l’appropriation
de l’information et des connaissances pour tenir tête au capitalisme
numérique. Nous sommes en faveur de structures démocratiques des
médias publics, permettant un accès facile et bon marché aux pratiques culturelles
modernes comme l’Internet, des codes et des programmes gratuits
sans permettre l’usage illégal de réseaux sociaux et de données personnelles.
Il est nécessaire d’inverser le processus de Bologne, la subordination des
besoins de l’école, de l’université et de la recherche aux industries privées,
aux profiteurs du marché libre. L’éducation est un droit humain. Elle doit
être organisée sous la forme d’un processus ouvert qui nous permettra de
construire les enjeux démocratiques futurs, accessibles à tous.
L’éducation publique européenne doit être enracinée dans les principes et
les valeurs qui définissent les caractéristiques essentielles de la culture
européenne. Dans tous les États membres, l’école doit être un lieu de rencontres
et de libre confrontation entre les cultures qui coexistent dans une
société de plus en plus multiculturelle et multireligieuse, comme une prémisse
nécessaire pour un véritable développement de la paix grâce à l’éducation.
En même temps, l’université doit être mise en condition de développer
son rôle éminent de formateur culturel et scientifique, sans aucun
lien avec la logique des marchés.
Pour que toutes les personnes qui vivent dans l’Union européenne puissent
occuper l’espace politique qui leur est dû, le Parlement européen doit avoir
le pouvoir de légiférer. La participation directe aux processus de décisions
doit être rendue possible, selon l’exemple de l’agora citoyenne introduite
par le Parlement européen, comprenant des référendums organisés au
niveau de l’Union et au niveau national sur des décisions primordiales de
l’Union européenne. Les institutions de l’Union européenne (Conseil,
Commission, Parlement) doivent s’ouvrir à la participation des sociétés
civiles, lesquelles doivent avoir la possibilité de contrôler leurs décisions.
Les mesures et lois antiterroristes à l’échelle de l’Union européenne doivent
être abandonnées. Nous voulons l’abolition de la liste des “organisations
terroristes” qui met notre liberté en péril.
Nous voulons une Europe cosmopolite ouverte à l’immigration. Pas
d’Europe forteresse qui rejette les gens qui sont dans la détresse. Une politique
européenne commune sur les réfugiés et l’immigration, conforme à la
convention de Genève est indispensable. Les gens qui fuient les persécutions
à cause de leur engagement politique, de leur idéologie, de leur religion
ou de leur orientation sexuelle doivent trouver asile et protection en
Europe. Nous demandons que le droit d’asile soit reconnu pour les persécutions
en rapport avec le sexe de la victime et les persécutions non gouvernementales
et nous appelons tout particulièrement à la protection des
enfants réfugiés. Pour cette raison, nous rejetons le système existant
Frontex de contrôle des frontières et demandons que tous les plans
concernant l’application de la directive “droit au retour” soient annulés.
Tous les centres de rétention doivent être fermés.
Nous, partis membres de la Gauche européenne, faisons campagne ensemble
et dans nos propres pays pour la réalisation de ces objectifs dans la préparation
des élections de 2009 au Parlement européen. Nous voulons un
puissant groupe parlementaire de gauche afin de pouvoir changer l’Europe.
Chaque voix pour un candidat de la Gauche européenne est une voix pour
une Europe sociale, écologique et féministe, de paix et de solidarité !
Prenez votre chance en main, changez l’Europe maintenant !