PCF30 Front de Gauche 30 Gard
Les communistes ont l’intention, dans les prochains jours,
de s’adresser dans chaque département au préfet pour évoquer l’ampleur de la crise
et la question de l’utilisation
de l’argent public dégagé
au nom du plan gouvernemental de relance.
Les quatre coins de la France, en effet, sont touchés par une vague sans précédent de fermeture d’entreprises et de suppressions d’emplois, des mesures qui suscitent un très profond
mécontentement, comme l’a montré la puissante journée d’action syndicale unitaire du 29 janvier dernier, journée qui est appelée à avoir des suites.
Partout, il est manifeste que de grands groupes se servent de la crise pour sabrer dans les effectifs, mettre en chômage technique, restructurer tout en empochant les aides publiques. D’autre part, les PME, les artisans doivent souvent faire face au comportement irresponsable des grandes firmes qui sont donneurs d’ordre et des banques qui refusent de prêter. Pourtant, le chef de l’État répète dans les médias qu’il ne saurait y avoir d’aide publique distribuée sans contrepartie ; les banques devraient ouvrir le robinet du crédit ; les groupes devraient prendre des engagements, en matière d’emploi notamment.
Dans leur courrier au préfet, les communistes constatent que ce n’est pas vraiment ce qui se passe : les banques font de la rétention alors que les groupes continent de licencier.
Alors, demandent-ils aux représentants de l’État, à quoi servent ces fonds ? Sont-ils utilisés pour l’emploi, les qualifications, les salaires, la croissance ? Ou la casse
ndustrielle, les plans sociaux et les dividendes des actionnaires ? Que font les “ Comités de suivi ”, officiellement chargés de suivre les plans d’aide aux banques ? Pourquoi leur travail, qui intéresse la collectivité, s’exerce-t-il dans le plus grand secret, de manière purement bureaucratique ? Tout se passe comme si on assistait à un formidable gâchis de financement public.
Le PCF pense tout au contraire que la plus grande transparence ici est nécessaire ; des questions appellent des réponses urgentes : comment responsabiliser les groupes ? Comment changer les pratiques des banques ? Comment privilégier les aides aux entreprises créatrices d’emplois et soucieuses de formation ? Comment sanctionner les autres ?
L’intervention citoyenne est nécessaire. Il faut que les salariés, leurs organisations syndicales, les élus soient informés, puissent participer à ces réunions où l’on parle de l’utilisation de l’argent public, aient leur mot à dire. Ce sont eux qui ont la compétence. Il est clair qu’ils sauraient opposer à la recherche frénétique de rentabilité financière, qui est aujourd’hui le seul objectif des groupes, des banques et du pouvoir, de nouveaux critères d’efficacité sociale.
Les communistes demandent encore au préfet de faire suspendre les projets de suppression d’emplois en cours dans les départements pour débattre des contre-propositions, de discuter dans le cadre de conférences départementales d’autres solutions, avec une autre mobilisation des fonds publics et du crédit et en encourageant une coopération entre entreprises et services publics.
Changer de logique, en ce domaine, c’est engager la réforme de tout le système de financement de notre économie. Et cette réforme, c’est la mise en place d’un pôle financier public.