La société cévenole de volailles est en redressement judiciaire.
La journée des salariés de Bonny a été très chargée hier avec plusieurs temps forts : la prise du poste au petit matin, un comité d'entreprise extraordinaire sans annonce fracassante en fin
de matinée, un défilé en ville l'après-midi et une table ronde en sous-préfecture en fin de journée.
Au final, le sauvetage de la société de conditionnement de volailles de Saint-Jean-du-Pin, en redressement judiciaire, ne semble toujours pas d'actualité. A l'issue de la table ronde à laquelle ont
assisté des représentants du personnel de Bonny et le PDG du groupe Gastronome (qui a racheté la société cévenole en juin dernier), les 55 salariés n'ont reçu aucun signe positif selon Alexandre
Castano, délégué CGT. « On a demandé au PDG et son avocat quel était l'avenir de Bonny. Ils ont répondu que c'était la liquidation judiciaire et qu'ils se rangeaient derrière l'administrateur
judiciaire vu l'état de nos finances. » La direction a promis la mise en place d'une cellule de reclassement, des mesures d'accompagnement dans les autres usines du groupe, dans le Nord-Ouest, à
Condom (Gers) et dans la Drôme. « On a souligné à la direction qu'elle n'était pas présidente du tribunal de commerce. Nous ne sommes pas encore en liquidation judiciaire » , dit Alexandre
Castano.
Mercredi 21 janvier, à 10 heures, au tribunal de commerce de Nîmes, le dossier Bonny pourra-t-il alors échapper à la liquidation judiciaire ? Les salariés osent le croire et annoncent
qu'avant ce jugement, ils ne vont pas rester inactifs. Dès ce matin, ils définiront en assemblée générale leurs futures actions. Hier, ils ont même adressé un message au Procureur de la République
« pour qu'il prenne ses responsabilités en se prononçant sur le dossier Bonny. » Les salariés demandent à ce que la mesure de redressement judiciaire soit étendue au groupe Gastronome. « Toutes les
procédures juridiques seront utilisées » préviennent déjà les salariés dans l'angoisse.